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Le retour des rhéteurs

4 mai 2011

Il y a un article de cela je regrettais le manque de vrais débats et de vrais polémistes en France, déplorant par là la perte du sens rhétorique dans le monde moderne, au profit soit de débats extrémistes sans arguments, soit de lapalissades molles ou bien-pensantes. Comme disait Amin Maalouf, depuis la chute de l’URSS “nous sommes passés d’un monde où les clivages étaient principalement idéologiques et où le débat était incessant, à un monde où les clivages sont principalement identitaires et où il y a peu de place pour le débat”. Et du coup nous ne discutons plus des idées mais plus souvent des personnes, au mieux des événements.

J’aimerais maintenant poser sérieusement la question: comment être un bon débattant? Si on laisse de côté l’aspect purement formel (amour de la langue française et maîtrise des formes de la joute oratoire), qui m’intéressait dans l’article précédent, on peut se demander: qu’est ce qu’un un bon polémiste? Quand on y réfléchit bien, on s’aperçoit qu’un vrai rhéteur doit en fait avoir deux qualités. Primo, il doit avoir un goût absolu pour la vérité. Deuxio, il doit avoir un sens aigu de la charité.

L’occasion de revenir sur ces deux notions. Commençons par le moins simple: qu’est ce que la vérité?

D’après les philosophes, la vérité est « l’accord de nos jugements de perception ou de connaissance avec la réalité ». Autrement dit, si je crois que la Terre est ronde (jugement de connaissance) et que la Terre est effectivement ronde, je crois vrai: mon jugement correspond à la réalité. On a affaire là à une vérité scientifique, c’est-à-dire à une vérité vérifiable par une expérience reproductible à volonté, de façon provoquée : elle est objective et universelle, autrement dit elle est acceptée par tous, en tous lieux (personne ne conteste que la Terre soit ronde). De même si je prends une pierre noire dans ma main, je la sens, je la vois, et je dis “cette pierre existe” (jugement de perception) ou encore “cette pierre est noire” je dis vrai: mon jugement correspond à la réalité.

Mais tout n’est évidemment pas aussi simple, car définir la vérité par l’accord de nos jugements avec la réalité implique de définir la réalité; or, la réalité est souvent bien plus complexe que la vue de l’astronaute qui constate de visu la rotondité de la Terre ou que de prendre une pierre dans sa main. Sans aller jusqu’à dire avec Philippe K. Dick que « la réalité est un point de vue », nous n’avons pas cette vision omnisciente et omnipotente que l’on appelle le « point de vue de Sirius » et qui pourrait nous donner en temps réel une connaissance parfaite de la réalité, nous permettre de séparer sans erreur ce qui est réel de ce qui trompe nos sens. Combien de fois nos yeux, notre odorat, notre toucher ou notre vue nous trompent-ils ? Il suffit de regarder un spectacle de prestidigitation. Il existe certainement un monde qui dépasse nos sens et qui peut être néanmoins qualifié de “réel”, car si n’est réel que ce que je peux immédiatement voir, entendre, sentir et toucher, alors seul le monde sensible et proche de moi est réel, ce qui est beaucoup trop restrictif et manifestement faux: non seulement parce que certaines choses que je peux voir ou toucher ne sont pas “réelles” (c’est l’exemple de la prestidigitation, le magicien qui fait disparaître ou coupe une femme en deux “pour de faux”) mais encore parce que certaines choses que je ne peux ni voir ni toucher sont bien réelles, soit qu’elle n’appartienne pas au monde sensible (un événement historique, le sentiment amical, un principe philosophique), soit qu’elle appartienne à un monde sensible qui n’est pas immédiatement visible (l’atome, la radioactivité…). Les couleurs sont-elles “irréelles” sous prétexte que l’aveugle ne peut pas les saisir?

En fait, la vision que nous avons de ce que nous appelons « réalité » est parcellaire et incomplète, avec souvent plus de zones d’ombres que de lumière. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de “réalité objective” (il faut prendre garde à ne pas tomber dans un subjectivisme total à la Max Planck, qui affirme que le réel ne dépend que des expériences vécues de chacun, et donc qu’il n’y a pas de réalité objective, autrement dit que la couleur rouge n’est pas réelle si on est aveugle), seulement que la réalité objective n’est pas saisissable de façon parfaite et exhaustive par un simple humain, qui a un point de vue subjectif et non-omniscient (ce qui n’interdit pas de la chercher, c’est le principe même de la science).

Nous savons néanmoins depuis longtemps que la science peut se tromper : elle se trompe d’ailleurs régulièrement, et c’est comme ça qu’elle avance. Kant avait déjà montré il y a plus de deux siècles que la connaissance scientifique venait moins de l’observation passive de la réalité (de l’objet) que  des expérimentations actives du scientifique (du sujet), qui fait des expériences, élabore des concepts, formule des hypothèses à priori, cherchant à répondre aux questions qu’il a lui-même posé à l’avance. D’ailleurs, si le scientifique se contentait de décrire la “réalité”, on peut se demander comment on serait parvenu à affirmer que la Terre tourne autour du soleil, alors qu’en regardant le ciel on remarque manifestement le contraire… il a bien fallu que quelqu’un (en l’occurrence Copernic) pose d’abord l’hypothèse inverse et tente ensuite de la résoudre! Il faut bien commencer par des axiomes pour élaborer une nouvelle théorie mathématiques…La science est donc le fruit d’un consensus, elle est ce que le scientifique en fait. Karl Popper avait remis le couvert en affirmant un siècle plus tard que les « vérités scientifiques » n’étaient rien d’autres que des hypothèses ayant résisté jusque-là à la réfutation.

Il est d’ailleurs très facile de montrer que les vérités scientifiques dépendent largement des concepts et des mots utilisés, et de ce qu’ils recouvrent. Si je dis vrai quand j’affirme devant un mur bleu “ce mur est bleu”, c’est uniquement parce que nous avons au préalable défini dans notre langue le concept de bleu, le mot bleu (le signifiant) désignant la couleur du ciel un jour d’été (le signifié). Mais si nous avions décidé que la couleur du ciel se dirait “rouge”, alors pour avoir juste je devrais dire devant un mur bleu: “ce mur est rouge”. De même que 1+1 = 2 est une pure vérité conceptuelle. Si nous l’avions décidé autrement, 1+1 (l’addition de deux choses) aurait tout aussi bien pu être égal à 3 (le résultat de cette addition). Les vérités scientifiques (les vérités objectives) dépendent donc aussi des vérités logiques (les vérités conceptuelles ou matérielles). Le monde sensible peut être numériquement structuré d’une certaine manière, mais c’est la façon que nous avons de comprendre et d’interpréter cette structure, de la traduire en mots et en concepts intelligibles, reliés entre eux de façon cohérente, qui définit la vérité scientifique comme “accord de connaissance et de jugement avec la réalité”. On comprend alors pourquoi il est si important de définir les termes, les concepts et la méthodologie avant d’entamer tout travail scientifique (cette question renvoie aussi à toute la discipline qu’on appelle l’épistémologie).

***

On tire de cela qu’il existe d’autres vérités que les vérités scientifiques. Ce sont les vérités que l’on pourraient qualifier de vérités relatives. Contrairement à la vérité scientifique, une vérité relative n’est pas vérifiable par une expérience reproductible et ne relève donc pas de la science: par exemple, « Dieu existe » ou encore « Hier, je suis allé faire du vélo, tout seul dans la forêt ». Dans l’un et l’autre cas, la vérification —par la réfutation selon le critère popperien—  est problématique, voire impossible pour la première affirmation.

Il s’agit néanmoins d’une vérité et non d’une simple opinion: si je dis « la couleur rouge est plus jolie que la couleur jaune », je ne fais qu’énoncer un point de vue strictement subjectif, un avis, qui n’a pas vocation à être universel. Il a la même valeur que n’importe quel autre point de vue et n’a pas caractère de vérité. Si j’affirme que Dieu existe, en revanche, j’affirme une conviction qui a vocation à être reconnue par tous: si je crois que Dieu existe, alors il existe pour tout le monde, croyants ou non. Ce qui revient à affirmer une vérité (par le biais de la croyance).

Cette vérité est relative, c’est-à-dire, strictement parlant, qu’elle n’a de valeur que si on la compare à une autre (ici l’athéisme, l’agnosticisme ou le panthéisme). Dire qu’on est athée si personne ne croit en Dieu n’a aucun sens: la définition même de l’athéisme se fait par rapport au théisme, par le a privatif grec. La vérité relative n’est donc, par définition, pas reconnue par tous (les athées, les agnostiques, les panthéistes) mais elle n’en demeure pas moins une vérité à la mesure de sa vocation à l’universalité. C’est donc pour mieux dire une “vérité en débat”, de la même façon que des hypothèses scientifiques nouvelles sont aujourd’hui en débat, comme la rotondité de la Terre fut autrefois questionnée (je dis “de la même façon”, mais en fait pas tout à fait, j’y reviens plus loin).

De même, on ne peut pas qualifier la phrase « Hier, je suis allé faire du vélo seul dans la forêt » de simple opinion. Elle peut être contestée ( « Non, je t’ai vu jouer à la playstation ») mais au titre de la recherche de la vérité, ce qui autorise les formes classiques du débat (appel à témoin, réfutation théorique, examen de preuve… autrement dit confrontation avec une autre vérité) à contrario d’une simple opinion (« Le rouge est plus joli ») qui peut être réfutée sans argument et par simple opposition d’une autre opinion puisque une opinion en vaut bien une autre.

On saisit là la différence essentielle entre une conviction, où je professe une vérité relative, et une opinion, où je professe une croyance ou un goût subjectif. Le relatif se compare à autre chose mais garde un critère d’universalité, et peut donc être débattu, relever de la connaissance. Le subjectif est le propre du sujet, de l’ordre du strictement personnel, non-universel: il ne peut guère être débattu.

La conviction a donc les moyens d’atteindre la vérité sans avoir nécessairement besoin d’être prouvée (prouvée au sens scientifique du terme, par la réfutation et l’expérience reproductible) mais elle doit sans cesse être remise en question par l’approfondissement personnel et la confrontation avec les autres vérités du même ordre (on n’est pas croyant tout seul dans son coin). L’opinion, quant à elle, ne peut vraiment être débattue puisque strictement subjective, elle est d’ailleurs souvent définitive et non sujette à discussion: si j’affirme préférer le rouge au noir ou le death métal à la musique classique, il n’y a aucune matière à débat (on connaît d’ailleurs l’expression populaire “les goûts et les couleurs ne se discutent pas, ils se partagent”). L’opinion n’implique ni connaissance ni approfondissement: elle peut évoluer de manière radicale et brutale (je peux changer d’avis sur la musique classique du jour au lendemain), ce qui est beaucoup plus rare avec la conviction. La conviction implique une connaissance, une recherche permanente: elle ne se décide pas sur un coup de tête.

On peut ajouter que l’opinion, lorsqu’elle prétend se confronter au terrain de la vérité scientifique sans en avoir les caractéristiques (réfutabilité, reproductibilité, universalité ou vocation à l’universalité) tombe vite dans le domaine de la superstition, c’est-à-dire de la croyance totalement subjective, aléatoire et infondée qui pousse à des comportements irrationnels. Si elle se présente avec les caractéristiques de la science, elle peut soit finir en vérité scientifique (après examen par la communauté scientifique et épreuve du temps: toutes les vérités scientifiques ont commencé par être de simples intuitions de savants), soit finir en légende, c’est-à-dire en croyance erronée mais encore admise par un certain nombre de personne: c’est le cas de nombre de théories du complot.

La vérité métaphysique (par exemple la foi) se situe donc entre ces deux extrêmes. C’est une conviction à vocation universelle mais qui n’est pas scientifique (pas de réfutabilité ni de reproductibilité possible). Néanmoins on ne peut la ranger dans le domaine de la superstition dans la mesure où elle n’est pas infondée (il y a des textes et/ou des personnages fondateurs, des références historiques), ni totalement subjective (elle s’inscrit dans une histoire et une communauté, est portée par une culture ou un ensemble de cultures), ni aléatoire (elle est immuable dans le temps).

Cependant la pratique religieuse va parfois favoriser la croyance superstitieuse (attribution de propriété magiques à des objets, dévotion excessive pour des reliques, etc.); parfois au contraire c’est le rejet du spirituel qui favorise la superstition, car on a tendance alors à se “bricoler” sa propre spiritualité (horoscopes, chat noir et chiffre 13…). Notons au passage que le critère d’universalité permet de distinguer entre une religion (vocation à l’universalité) et une secte (souvent réservée à un petit nombre d’élus) sur le fond, à quoi il faut ajouter une distinction de forme: on rentre difficilement dans une religion et on en sort facilement, dans une secte c’est le contraire.

On peut terminer sur cette question en disant que dans le domaine des vérités relatives, la vérité métaphysique a ceci de particulier qu’elle n’a pas forcément vocation à être tranchée: un athée et un croyant ne peuvent pas se “prouver” mutuellement que Dieu existe ou n’existe pas, la croyance en Dieu peut donc exister au-delà de toutes les vérités scientifiques, alors qu’une vérité relative du type “Hier-je-suis-allé-faire-du-vélo-dans-les-bois” peut éventuellement se prouver (par exemple, si on a une vidéo), ce qui renvoie au domaine de l’argumentation et de la preuve.

Ce qui est  intéressant avec la vérité religieuse, c’est qu’elle prend une forme tautologique : si la la foi est considérée comme une grâce de Dieu, cela signifie que la vérité est donnée par la vérité. Autrement dit, l’accès à la vérité suppose de croire à la vérité, et donc de poser d’abord un acte de foi en aveugle (en incroyant).

***

Quand je dis, donc, que le bon polémiste doit avoir le goût de la vérité, je parle de cette sphère d’idées qui comprend à la fois les vérités scientifiques (qui va débattre avec celui qui commence par vous affirmer que le monde a été créé en 7 jours?), mais aussi et surtout des vérités relatives, qui fournissent l’essentiel du contingent des jouissives empoignades. J’ai longuement pris l’exemple de la croyance en Dieu, mais on peut en prendre plein d’autres qui ne touchent pas au domaine religieux: par exemple , l’affirmation “la vie humaine n’a pas de prix” relève de ce type de vérité, de même que “il faut lutter contre la pauvreté”, “l’homme est naturellement bon, c’est la société qui le pervertit” ou encore “il faut respecter toutes les croyances”. A chaque fois, on a affaire à plus que de simples opinions mais moins que des vérités scientifiques.

Le distinguo entre opinion et conviction est essentiel, car c’est lui qui permet le débat. Vous ne pouvez que très peu discuter avec quelqu’un qui professe une opinion (du type “il faut nettoyer les banlieues au Karcher” ou “il faut être vierge à son mariage”), au mieux échanger des expériences et nuancer votre point de vue en confrontant quelques valeurs, mais on reste en général dans la tentative de persuader par l’émotivité, plus que dans celle de convaincre par des arguments. Il est vrai que la distinction n’est pas toujours facile à faire car une opinion, quand elle tend à l’universalité, peut flirter avec la conviction, tandis qu’une conviction qui se braquerait dans un extrémisme bête pourrait redevenir une simple opinion.

Le goût de la vérité est quoi qu’il en soit la première qualité du bon rhéteur: c’est le goût de rechercher ce qui est vrai, dans tous les domaines, sans arrêt, même voire surtout quand on ne peut pas trancher définitivement par manque de preuves. Cette obsession de la vérité conduit à l’établissement de véritables convictions, car lorsqu’on bute à force de recherche sur le manque de preuves trop évidente, on doit à la fin trancher selon sa conviction. On quitte alors le domaine de la vérité scientifique pour entrer dans le domaine de la vérité relative. C’est plus courant qu’on croit, cela peut arriver même dans les activités dites scientifiques, par exemple en économie ou en sociologie, où le dernier ressort se fait souvent à preuve égales dans l’un ou l’autre sens, et donc à partir de la conviction plus souvent qu’à partir des données. Ce goût de la vérité est un préalable indispensable au débat, et au développement de la seule qualité essentielle à celui qui argumente: l’honnêteté intellectuelle. Le pire défaut étant évidemment la mauvaise foi, révélatrice d’un manque de goût pour la vérité.

Les universités et les milieux académiques sont des institutions vouées à la recherche de la vérité. Laurent Lafforgue (mathématicien français, médaille Fields 2002)

L’autre sphère essentielle, l’autre goût à avoir, c’est celui de la charité —du latin caritas, amour— c’est la sphère concrète, immanente, humaine. Elle renvoie donc à l’amitié, à la sympathie que nous développons (que nous choisissons de développer, devrais-je dire) pour celui qui est en face de nous. Elle permet de contrebalancer l’obsession de la vérité, de considérer notre adversaire non pas comme un ennemi potentiel soit ignorant soit méchant, mais comme un être humain qui voit peut-être la chose sous un angle différent, qui peut-être a ses raisons que notre raison ignore. On peut alors sortir de la confortable forteresse intellectuelle pour développer une pensée autonome qui n’est plus seulement l’héritage d’un camp. On peut alors élever le débat en essayant de comprendre les logiques de l’autre, plutôt que de les condamner à priori. Avoir raison n’implique pas le dogmatisme condescendant. Avoir tort n’implique pas la haine rageuse.

Alors voilà: si vous voulez bien débattre, et même, si vous voulez bien vivre, l’essentiel est d’apprendre à équilibrer ces deux passions, celle de la vérité et celle de la charité. Car privilégier l’une au détriment de l’autre serait particulièrement dangereux.

Donner trop d’importance à la vérité, aux idées politiques et religieuses, aux convictions, à nos absolus, à nos conceptions morales, c’est prendre le risque de tomber dans l’intransigeance, la froideur dogmatique et le refus du compromis. C’est la voie la plus sûr vers l’extrémisme. Quand l’idéal politique ou religieux —plus généralement la transcendance d’une idée— prend trop le pas sur le concret, sur l’ordre humain, le fanatisme n’est jamais loin. On place une idée au-dessus de tout, on ne voit plus l’humain mais l’Homme nouveau, on rêve à un grand changement politique révolutionnaire ou à une « société chrétienne » sans voir la misère au coin de la rue ou l’athée questionneur qui nous rafraîchit l’esprit et le cœur. On peut alors craindre les dérives classiques de cette situation : renfermement dogmatique, idéologisme sectaire, refus du dialogue, écrasement de l’humain sous le poids du fanatisme, étouffement de la charité sous l’étau de la vérité.

C’est toute l’histoire de l’humanité, des peuples entiers broyés sous le rouleau d’une « vérité », d’un dogme racial ou religieux, d’un absolu politique ou économique qui fait mourir les enfants pour le Grand Bond en Avant. C’est toute l’histoire des fanatiques, des « Guides » autoproclamés, de tous les tyrans de la planète qui ne se contentent pas de piller le pays qu’ils soumettent. C’est toute l’histoire des guerres entre ceux qui veulent le pétrole et ceux qui veulent le bois, entre ceux qui revendiquent un territoire et ceux qui veulent affirmer leur puissance, entre ceux qui espèrent un soulèvement et ceux qui écrasent une rébellion, entre tous les amateurs d’or entre eux (noir, bleu, jaune, blanc…). Ce n’est que vérité contre vérité, foi contre foi, dogme contre dogme, obsession contre obsession, puisque chacun a bien évidemment de meilleures raisons, et donc des « vérités plus vraies », de mériter ce qu’il prétend mériter. Au nom de la vérité, on s’est tellement massacré dans l’Histoire que le relativisme moderne se comprend. Faut-il pour autant tomber dans l’excès de charité ?

Trop privilégier la sphère de la charité serait tout aussi dangereux. Réduire à rien la vérité, pour autant que ce soit possible[1], c’est dire qu’il n’y a nulle vérité pour laquelle donner sa vie, qu’il n’est pas d’idée pour laquelle il vaille la peine de se dépasser et, s’il le faut, se sacrifier. C’est dire comme Protagoras : “l’Homme est la mesure de toute chose” ou affirmer comme Brassens qu’il est “fou de perdre la vie pour des idées”. Autrement dit, les idées n’ont pas de valeur, si on peut indifféremment démontrer une chose et son contraire, cela signifie après tout qu’il n’est ni dogme ni absolu, que du subjectif. On tombe dans le relativisme : « après tout, à chacun sa vérité, ce qui compte c’est la fraternité humaine n’est-ce pas ? Faites l’amour, pas le débat, et puis tout le monde a le droit d’avoir les idées qu’il veut, nous somme tous frères sur la même galère c’est la seule chose qui compte ».

Le relativisme qui veut nier la vérité au profit de la charité n’en est pas moins fanatique, car dire que tous les vérités et les choix se valent, c’est déjà affirmer une vérité, c’est déjà nier tout autre pensée que le relativisme: l’affirmation juste serait de dire comme les Shadoks: “la vérité, c’est qu’il n’y a pas de vérité. Y compris celle-ci”, mais cela reviendrait à détruire l’affirmation par son énoncé même… Outre le fait que c’est une erreur (parce qu’à l’évidence, certaines questions comme “Dieu existe-il?” ont une seule réponse véritable, ce qui signifie qu’il y en a une: la vérité n’est pas à inventer mais à découvrir), dire qu’il n’y a pas de vérité, c’est dire que rien d’objectif n’existe et par conséquent que la vie ne vaut rien. Si chacun a le droit d’avoir sa vérité, le nazisme a autant de valeur que la social-démocratie, Laurie vaut bien Bach et puis il faut accepter la burqa sinon c’est de l’intolérance. On s’aime, mais plus pour longtemps.

Quelle société, si chacun peut professer n’importe quoi et que tout a la même valeur ? Quelle culture, si toutes les pratiques se valent ? Quelle humanité, s’il n’est rien de sacré, rien de transcendant, rien d’absolu ? Quel dialogue, si, ne croyant en rien, on ne respecte plus rien, puisque, après tout, même le respect est une notion relative propre à chacun ? Quel dialogue, si rien n’est vrai ? Car alors, soit nous vivons comme des loups, ne réagissant qu’au gré de nos pulsions, de nos envies du moment et nos instincts, soit nous possédons chacun notre propre définition indiscutable de ce qui est vrai, campant alors sur nos positions, refusant absolument de rechercher la vérité et donc d’attenter à la celle de l’autre au nom de la tolérance, mais permettant de fait l’émergence de n’importe quelle « vérité ». S’il n’y a pas de vérité, n’importe quoi (ou n’importe qui) peut être « vérité », puisque tout est subjectif et relatif, on ne peut discerner le vrai du faux, le menteur de l’honnête homme, le coupable de l’innocent, le procès de la mascarade, le bien du mal. Et voilà comment la tolérance engendre le totalitarisme.

L’idéalisme subjectiviste auquel je me ralliais privait le monde de son épaisseur et de sa singularité: il n’est pas étonnant que même en imagination je n’aie rien trouvé de solide à quoi m’accrocher. Simone de Beauvoir

On n’a alors plus de convictions —car toute conviction est considérée comme une offense à la charité— mais des opinions qu’il faudrait surtout garder pour soi pour ne pas froisser le voisin. On ira même jusqu’à considérer que pour vraiment « penser par soi-même », il faudrait se détacher de toute référence culturelle, historique, philosophique ou religieuse, en oubliant qu’on est souvent dans un perpétuel recommencement intellectuel, refaisant les débats de nos aînés dans des termes identiques, apportant des réponses partielles à des questions que d’autres avant nous ont abordés plus complètement.

L’association pour le droit de mourir dans la dignité, qui milite en faveur de l’euthanasie, proclame sur son site : « le sentiment que chacun a de sa dignité ne dépend pas du regard de l’autre, ni dans l’attention mise dans les soins prodigués. Ce sentiment est strictement subjectif ». Il n’est pas parlé de dignité, mais du sentiment qu’on a de celle-ci. Il nous est dit que ce sentiment est subjectif, c’est-à-dire, au fond, que la dignité est une notion relative à chacun. Pas de dignité objective, donc pas de dignité du tout, donc l’humanité n’existe pas, c’est un concept théorique abstrait qui est propre à chacun. Pour les uns, perdre sa dignité équivaudra à ne plus pouvoir regarder les matchs du PSG ; pour d’autres, à connaître les rides irrécupérables au lifting ; pour d’autres, à ne plus être capable de tromper sa femme ; pour d’autres encore, à subir un redressement judiciaire, à ne plus être capable de se laver seul, etc. On ne sait pas avec certitude si la vie vaut quelque chose ou si elle ne vaut rien. « Pareille affirmation est une destruction de tout sens de l’existence. Si on la prend au sérieux, comment ne pas être désespéré ? Comment ne pas se tirer une balle ? En allant au bal, peut être, en se tournant la tête, en se livrant corps et âmes à la distraction continue de notre société spectaculaire, on s’octroie un certain délai. Mais, dès que s’interrompt cet étourdissement, il faut en arriver à la conclusion fatale. » (Hadjadj)

***

Finalement, tout l’équilibre d’une vie, et pas seulement d’un polémiste, tient dans cette tension entre charité et vérité, entre ce que nous jugeons vrai, juste, et comment nous réagissons face à ce jugement au quotidien, dans cette façon que nous avons de vivre notre transcendance dans la sphère immanente, de vivre l’absolu dans la sphère relative. Tout l’équilibre d’une vie tient dans notre capacité à conserver et défendre nos valeurs contre vents et marées sans tomber dans le dogmatisme sectaire, et à s’ouvrir au monde et à la différence sans tomber dans le reniement de soi. Tout l’équilibre d’une vie est une lutte entre sens du compromis et idéal de vie, entre souci de la justice et attention à la différence, entre capacité à changer jusqu’à la versatilité et affirmation de ses principes jusqu’à l’intransigeance, entre écoute et discours, entre certitude et doute.

Vérité sans charité, et c’est le dogmatisme sectaire et orgueilleux, voire le fanatisme belliqueux et la fin du débat par refus de l’écoute de l’autre parce qu’il a forcément tort. Charité sans vérité, et c’est le sentimentalisme arbitraire, l’humanitarisme sans réflexion voire le relativisme totalitaire, la tolérance intolérante, et la fin du débat par refus de s’intéresser vraiment à la vérité de l’autre parce que la vérité n’a forcément aucune importance. D’un côté, une transcendance écrasante, un spiritualisme gnostique qui dévore l’Homme. De l’autre, une immanence volatile, une coque vide et appauvrie qui se broie elle-même.

Un christianisme de charité sans vérité peut facilement être confondu avec un réservoir de bons sentiments, utiles pour la coexistence sociale, mais n’ayant qu’une incidence marginale. Benoît XVI

Toute l’histoire de l’amour et de l’amitié consiste finalement à ne pas se confondre avec l’autre sans s’en éloigner trop, à maintenir cette juste distance qui n’est ni « amour-fusionnel » (dangereux) ni « amour-libre » (utopique), à ne pas tomber dans ce jugement qui est « la mauvaise distance, la volonté vorace de rapprocher l’autre de moi en l’insérant dans mes valeurs, d’emprisonner l’autre dans mes propres catégories » (Alexandre Jollien) en évitant de même l’absence de jugement qui trahit l’absence de valeurs et le manque de goût pour la vérité. A être le véritable ami, qui est comme disait Diane de Beausacq celui qui ne « passe rien mais pardonne tout ». Qui ne passe au rien au nom de la vérité, mais qui pardonne tout au nom de la charité. Saint Augustin avait raison :

L’histoire du monde est une lutte entre deux formes d’amour : l’amour pour soi-même, jusqu’à la destruction du monde ; et l’amour pour les autres, jusqu’au renoncement à soi-même.


[1] J’en doute, car cela reviendrait à dire qu’un être humain peut vivre tout de charité, sans vérité aucune, ce qui est  impossible pratiquement, d’autant qu’alors la charité elle-même est une vérité. Et si on admet que celle-ci (par exemple “aime ton prochain comme toi même”), on ne peut guère la tenir à long-terme sans l’étoffer bientôt d’une autre vérité, puis d’une autre encore… jusqu’au point d’équilibre.


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  1. 5 mai 2011 12 h 54

    Merci pour ce cours. J’en retiens plus la leçon de vie que l’éclairage sur la nécessité des polémistes…

  2. Clément permalien
    17 mai 2011 16 h 03

    Vianney, je sais pas si tu es d’accord, mais j’aurais un sujet d’étude sur lequel tu pourrais te pencher.

    As tu déjà entendu parler du dividende universel?

  3. Clément permalien
    17 mai 2011 20 h 48

    C’est assez compliqué car les différents noms de ce projet un peu utopique sont synonymes mais renvoient à des idées sensiblement différentes.

    En bref, le dividende universel serait une allocation versée universellement au sein d’une économie comme par exemple la France, ou la zone euro. Cette allocation serait financée par une augmentation de la masse monétaire. Ce système zapperait donc le système bancaire tel qu’il existe actuellement, qui est accusé d’attribuer un privilège monétaire à certains acteurs, alors que la monnaie serait un bien commun.

    La philosophie de ce projet est donc de rétablir une égalité entre citoyens, qui sont considérés comme des actionnaires de leurs économies, et qui ont donc droit à un dividende. Ce montant doit leur permettre de se “libérer” du travail, c’est à dire que ce dernier soit vécu comme choisi et non contraint. Cette idée correspond aussi au paradigme décroissant, ou l’enjeux principal n’est pas d’obtenir une croissance forte mais de mieux répartir le PIB.

    Je faisait partie des sceptiques! Mais un ami d’école a un blog consacré notamment à cette idée et il y croit dur comme fer (http://www.tetedequenelle.fr/). Le dividende universel a été théorisé par un type qu’il connait, un ingénieur qui s’appelle Stéphane Laborde (http://www.creationmonetaire.info/).

    Je crois que cette idée a été évoquée sérieusement par certains politiques allemands, et ce cher Dominique de Villepin, sans le coté création monétaire.

    Je pense que ça serait un sujet de réflexion intéressant pour toi, car il est très complexe, fait intervenir des enjeux économiques et monétaire: la création monétaire, le système bancaire, l’inflation, les incitations économiques… en gros à un nouveau paradigme économique! Ce sujet fait aussi intervenir des enjeux philosophiques: Le simple fait de vivre créé-t-il de la valeur? Comment rémunérer la création de valeur en dehors d’échanges marchands (par un dividende universel)?

    Voila tu as tout! Ta mission si toute fois tu l’acceptes est de réfléchir à tout ça! En échange tu auras un maroquin dans le prochain gouvernement de Strauss Kahn ça te va (c’est moi j’écris depuis ma cellule!)?!

    Je te file mon adresse mail: clement.hebertdebeauvoir@essca.eu

    • 18 mai 2011 11 h 23

      Hum, je dois dire que ça me branche pas plus que ça. Sur la question de la création monétaire et plus généralement de la monnaie (d’où vient elle, ou va elle, qui doit la gérer et la créer), je prépare depuis belle lurette une longue étude sur le sujet (j’en suis encore à collecter des données à lire des bouquins, l’ensemble de mes notes fait 70 pages pour l’instant mais bien sûr mon article ne sera pas aussi long), tu m’en diras des nouvelles. Je sais pas quand j’aurais fini, vu que j’ai toujours 12 idées en même temps et je les fait avancer un peu au fur et à mesure… j’ai un paquet d’articles de prévu sur plein de sujets différents. Cela dit je serais pas forcément très original, j’essaierai surtout d’être synthétique et exhaustif sur ce vaste sujet qu’est la monnaie.

      Maintenant sur le dividende universel, je vois pas bien en quoi il diffère des aides actuelles….? Celui qui travaille pas a le RSA, celui qui travaille pour pas grand chose a aussi le RSA, celui qui travaille payé correctement a son salaire + des aides types allocs et celui qui travaille très bien payé n’a besoin de rien… en quoi le dividende universel est-il original dans son principe et sa philosophie (à part le côté homogénéisation du système?)

      Et puis je dois dire que les arguments de ton ami ne m’ont pas franchement convaincu (je cite un article):

      On soutient la l’économie par la consommation. Pour éviter l’effet d’aubaine lié à la part de la consommation consacrée aux produits d’importation, on pourrait également imaginer la distribution du revenu universel sous forme d’une monnaie alternative (à utilisation dirigée).

      Je vois pas en quoi soutenir l’économie par la consommation diffère d’un “banal” plan de relance. Et qu’est ce qui garantit que cet argent ne sera pas épargné et non pas consommé? IL faudrait imaginer une monnaie fondante (qui perd de sa valeur au fil du temps) mais je ne vois pas en quoi ça diffère alors d’une monnaie normale avec de l’inflation…Le principe d’un revenu qui éviterait la contrainte extérieure (valable uniquement sur les produits français) me paraît aussi assez difficile à mettre en place (sachant que certains produits sont produits en France, assemblés en Espagne, peints en Turquie, etc.) mais l’obstacle est certainement surmontable. Monnaie alternative… à creuser

      Par là même, on met en place un matelas social qui ne favorise pas pour autant les inégalités contrairement aux multiples aides publiques accordées différemment à certains secteurs.

      Oui mais justement l’inégalité c’est le principe même de la redistribution! On donne plus à ceux qui ont moins… un riche de Neuilly n’à que faire d’une monnaie “alternative” qui vaut 100€… pourquoi le lui octroyer alors qu’elle servirait bien mieux un plus pauvre? Je comprends pas trop l’argument d’inégalité qui est le principe même de la redistribution.

      Bien sur, ce système crée de l’inflation, mais celle-ci est conjoncturellement une bonne chose car elle permet de faire « fondre » la dette. A plus long terme, on veillera à ajuster le dividende pour ne pas nourrir de trop l’inflation.

      Faire fondre la dette, peut être mais jusqu’à un certain niveau, au-delà ça fait surtout fondre le pouvoir d’achat… enfin sur l’inflation c’est une question trop longue pour répondre en 3 lignes, on en reparle dans mon article.

      Après tout je ne dis pas que le principe n’est pas intéressant (faudrait creuser) mais jusqu’à preuve du contraire le meilleur dividende universel reste un truc type RSA financé par la fiscalité (cf. http://www.revolution-fiscale.fr/Pour_une_revolution_fiscale.pdf, si tu n’as qu’un seul livre à lire sur le sujet). La création monétaire qui finance l’inflation (pardon la consommation :D ), là j’y crois pas trop…

      On en reparle. Au tu as un profil facebook Clément?

  4. Clément permalien
    18 mai 2011 21 h 31

    Je te l’accorde, ce type qui travaille chez Owni n’est pas forcément expert en économie comme tu peux l’être. Il se penche sur le dividende universel aussi parce que ça rejoint ses réfléxions concernant internet, les libertés, la démocratie, la liberté des individus, etc.

    Le DU (dividende universel) diffère des aides
    - en ce qu’il est attribué inconditionnellement: ça change la philosophie du système, libère l’homme qui par sa simple existence va avoir droit à ce revenu d’existence. On considère que le fait d’être 1) crée de la valeur, et 2) que ce DU va permettre de rémunérer la création de valeur qui se situe hors de l’échange marchand (rémunérer une femme qui s’est arrêté de bosser pour élever ses 3 enfants et donc créé de la valeur pour une France avec une démographie trop faiblarde même si la meilleure d’Europe).
    - En ce qu’il remplace toutes les aides, évitant la fraude (et donc les couts de surveillance), supprimant l’usine à gaz des cotisations, prestations, collectes, etc.
    - En ce qu’il se cumule avec les revenus du travail, et donc créé moins d’incitations négatives au travail (même si évidemment, il en créé).

    Mais surtout le DU est distribué à partir d’une création monétaire ex nihilo qui vient remplacer le système bancaire. La rencontre entre capacités de financements et besoins se fait donc en aval des citoyens: L’argent est créé par mettons la banque centrale, est attribué aux citoyens, qui décident de consommer ou d’épargner: cette épargne serait redirigée vers les agents économiques en besoin de financement pour compenser la fin du refinancement des banques auprès de la banque centrale. Mais ça je pense que tu l’avais compris et que tu en parlerais peut être dans ton super article à venir!

    Bref, outre des changements économiques, le DU serait pour ses concepteurs un séisme philosophique, et la condition de l’instauration d’un libéralisme total: puisque l’individu est couvert par son filet de sécurité, l’état peut se désengager et laisser place à une autogestion totale dans un monde soudainement plus harmonieux (non je n’ai pas fumé!) ;)

    C’est pour ça que cet enjeux n’est pas simple qu’il mélange économie et politique. Pour te donner du coeur à l’ouvrage, dis toi que Maurice Allais l’avait envisagé, ça se serait appelé le crédit social.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Cr%C3%A9dit_social

    Je te propose ça car je pense que c’est un boulot pas facile et que ton intérêt à la fois pour l’économie ou tu es plutôt pointu et pour la philosophie te prédestine à faire du bon boulot. Mon facebook est ” Clément HDBDB”, tu peux m’ajouter quand tu veux.

    • 25 mai 2011 19 h 56

      Ah oui, les arguments sur les coûts de surveillance sont intéressants (j’y avait pas pensé) le principe philosophique aussi. Par contre pour la création monétaire ex nihilo et tout tu te goures complètement à mon avis, mais on en reparle après mon prochain article, disons… d’ici 3 semaines- 1 mois (oui je suis lent^^)

  5. Clément permalien
    18 mai 2011 21 h 33

    Et j’attends ton article sur la monnaie avec impatience!

  6. Clément permalien
    18 mai 2011 21 h 57

    Selon wiki, la principal attrait d’un tel système et d’évider que l’économie repose en totalité sur la dette. Ce qui fait aujourd’hui que le système financier est basé sur le principe de l’effet de levier qui induit nécessairement une instabilité.

    Autre argument: Quand on a une quantité de monnaie de 100 dans l’économie, et qu’une banque créé ex-nihilo 10 euros, le citoyen lambda va être indirectement taxé par l’inflation qui va résulter de cette augmentation de masse monétaire. Le DU permet d’anéantir les effets de l’inflation (même si d’autre part ça créé à mon avis des risques de difficulté à maitriser la masse monétaire, et donc risque d’inflation galopante boostée par les anticipations d’inflation).

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