Si Dieu existe, pourquoi le mal ?

Cette question, qui interroge l’humanité depuis des siècles, a souvent été une pierre angulaire de l’argumentation athée soutenant l’inexistence de Dieu. Devant l’horreur du monde, devant les guerres, les massacres, les génocides, les catastrophes naturelles, les famines, les épidémies, les maladies incurables… bref, devant le mal et la souffrance, Dieu ne pourrait pas exister. Pourquoi ce petit enfant qui gémit, atrocement brûlé ? Pourquoi cet homme qui agonise trois jours durant ? Pourquoi Auschwitz ? Pourquoi mourir à 16 ans d’un accident de scooter ? Pourquoi les gentils meurent quand les méchants vivent ? Pourquoi s’aimer puisqu’il faut se séparer ?

Où est Dieu dans toute cette merde ? Il y a quelques semaines, un séisme a dévasté Haïti, l’un des pays les plus pauvres de la planète. La capitale est en ruine et on parle de plus de 100 000 morts. Comment croire encore à l’existence d’un Dieu bon?

Il y a tellement de souffrances dans le monde que Dieu, s’il existe, ne m’intéresse pas de toute façon ; car ou bien il n’est pas bon, ou bien il n’est pas tout puissant. Françoise Sagan

Si Dieu existe, pourquoi le mal ? La question est presque aussi vieille que l’humanité. Comment serait-il possible, ne serait-ce qu’en théorie, de concilier un Dieu d’amour et un monde de souffrance ? Comment serait-il possible de soutenir l’existence d’un Dieu de miséricorde et de justice devant la mort d’un innocent ? Dieu peut-il être à la fois Tout-Puissant et Tout-Amour ? Aborder cette question, c’est commencer par reconnaître qu’il est vain d’en donner une réponse péremptoire : devant le mal, la première des choses à faire est de se taire ou de hurler, la seule réponse acceptable reste le silence ou la révolte. Pour les proches : la compassion et le soutien, plutôt que les grands discours philosophiques. Qui peut réellement comprendre la souffrance ? La souffrance est révoltante, à tous points de vue. Et puis, chercher à tout prix à expliquer le mal, c’est aussi prendre le risque soit de le nier (le mal n’est qu’un point de vue), soit de le justifier (si tu as mal, c’est qu’il y a une raison).

L’histoire de Job

La question de Dieu et du mal, c’est toute l’histoire de Job: homme de grande probité, pieux et vertueux, Job vivait riche et heureux entouré de ses sept fils et de ses trois filles. La Bible raconte: « Il possédait sept mille brebis, trois mille chameaux, cinq cents paires de bœufs, cinq cents ânesses, et un très grand nombre de serviteurs. Et cet homme était le plus considérable de tous les fils de l’Orient ». Un jour, des serviteurs viennent annoncer à Job qu’une catastrophe a détruit tous ses biens et son troupeau, ses brebis, ses bœufs et ses chameaux, que tous les serviteurs ont été passés au fil de l’épée par les Chaldéens et les Sabéens; un autre lui annonce peu après que tous ses enfants sont mort sous l’écroulement de la maison où ils festoyaient. Alors, Job se lève, se rase la tête et dit: « Je suis sorti nu du sein de ma mère, et nu je retournerai dans le sein de la terre. L’Éternel a donné, et l’Éternel a repris; que le nom de l’Éternel soit béni! ». Les malheurs continuent pourtant de s’abattre sur le pauvre homme, qui contracte bientôt un ulcère malin sur tout le corps, à un point tel qu’il « prend un tesson et s’assied sur la cendre ». Mais si Job crie contre le jour maudit de ses malheurs (« Pourquoi ne suis-je pas mort dans le ventre de ma mère ? Pourquoi n’ai-je pas expiré au sortir de ses entrailles ? (…) Mon âme est dégoûtée de la vie! Je donnerai cours à ma plainte, Je parlerai dans l’amertume de mon âme. »), il demeure ferme dans son espérance de Dieu.

La suite du texte raconte que deux positions s’affrontent. Ses amis, Éliphaz, Bildad et Tsophar, lui donnent de la théodicée: puisque Dieu est nécessairement bon, et puisque Job a souffert, c’est évident que Job est fautif contre Dieu. Ses fils ont péché, Job a péché, il ne doit pas « mépriser la correction du Tout-puissant ». Ils reprochent à Job de se plaindre : s’il meurt, c’est qu’il n’a pas acquis la sagesse. Qu’il revienne vers Dieu, et il recouvrera son bonheur. Sa femme, de son côté, lui sert la position athée: « Maudis Dieu, et meurs! ».

A celle-ci, Job répond: « Tu parles comme une femme insensée. Quoi ! nous recevons de Dieu le bien, et nous ne recevrions pas aussi le mal ! » mais il est plus sévère encore avec ses amis: « Vraiment vous êtes les seuls hommes, et avec vous mourra la sagesse! ».

La réponse athée : Dieu n’existe pas

Traiter de la question de l’existence de Dieu face au mal, c’est donc répondre à la femme et aux amis de Job, à ces deux objections que sont, d’un côté, l’athéisme (« Dieu ne peut pas exister car il ne permettrait pas cela ») ; de l’autre, la théodicée radicale, façon Leibniz (« Le monde a un sens que tu ne comprends pas, si tu souffres c’est de ta faute, tu payes le prix de tes péchés »). Il faut répondre à la première, qui prend parti pour Job contre Dieu, et suggère que les malheurs subis lui interdisent de croire que Dieu existe ou du moins, s’il existe, de le croire bon et innocent. Il faut répondre aux seconds, qui prennent parti pour Dieu contre Job, prétendant lui démontrer que Dieu étant bon, sa souffrance n’est rien, qu’elle est très ordinaire et/ou qu’il la mérite.

Commençons par la réponse athée. Si Dieu existe, pourquoi le mal ? Quand on y réfléchit, on s’aperçoit que la question peut être assez étrange, venant d’un non-croyant. En effet, l’athée qui pose cette question commence par affirmer que Dieu n’existe pas, avant de dire que s’il n’existe pas, c’est justement parce qu’il y a du mal dans le monde, car autrement Dieu empêcherait ce mal. Il pose donc une incompatibilité entre l’existence de Dieu et l’existence du mal, et, puisqu’il constate que le mal existe, il conclut que Dieu n’existe pas. Ce qui revient à associer Dieu au bien (on admet que « Dieu ne peut pas être méchant »), et à renvoyer la responsabilité du mal sur les hommes. Le mal y trouve une explication cohérente : s’il n’y a pas de Dieu, le mal est plutôt logique, puisque les hommes sont imparfaits. Comme le dit Raphaël Anzenberger, « la souffrance, dont l’ampleur nous dépasse et qui nous est insupportable, nous rappelle à la fois notre finitude et notre aspiration à un monde sans souffrance ».

Mais dès lors, pourquoi poser la question ? Si Dieu n’existe pas, la question du mal et de Dieu n’a guère de sens. Si le monde tel que nous pensons le connaître n’est régit que par des comportements humains, des lois physiques et un peu de hasard, d’où vient cette idée saugrenue qu’il devrait être différent ? D’une certaine façon, celui qui ne croit pas en Dieu est obligé d’accepter le tragique du monde, le « tragique du réel » (Onfray), puisqu’il ne peut exister de justice absolue et infinie dans un monde peuplé d’hommes relatifs et finis. Pensée comme une objection à une argumentation religieuse, l’interrogation du mal peut se comprendre. Pensée comme une « preuve » que Dieu n’existe pas ou ne peut pas exister, c’est plus problématique. Comme le dit Aurélien Lang, « demander une démonstration d’une justice divine [le bien absolu] sur terre, c’est déjà postuler l’existence de Dieu. Si Dieu n’existe pas alors cette preuve ne peut subsister en tant que telle. Dans un monde peuplé d’individus sans yeux, personne n’a jamais vu le jour. Dans un tel monde, personne ne peut différencier entre la nuit et le jour. Le mot « nuit » n’a donc pas de sens. Demander une preuve de la justice divine sans le cadre dans lequel la question peut logiquement émerger n’a au final pas de sens et donc échoue forcément. »

L’argument que je retenais contre Dieu était que l’univers paraissait si cruel et injuste ! Mais d’où pouvait bien me venir cette idée de cruel et d’injuste ? On ne peut définir une ligne courbe qu’en ne possédant la notion de ligne droite. CS Lewis

Passé le paradoxe, il faut creuser le sujet. Répondre à l’objection athée face au mal, c’est d’abord dissocier deux choses, qui appellent deux réponses différentes. D’un côté, le mal, qui relève de la morale (le bien et le mal). De l’autre, la souffrance, qui relève de la psyché humaine. Les deux, bien sûr, sont liés : si je tue mon voisin, je commets un acte mauvais (le mal), et j’entraîne du même coup la souffrance pour sa famille. Cependant, il peut y avoir des souffrances qui ne sont pas générées par le mal : un tsunami, une plaque de verglas qui tue le motard, ne sont pas moralement qualifiables, ni en bien ni en mal. De même que le serpent qui tue un enfant et ne fait qu’agir selon instinct. Inversement, certains actes mauvais peuvent ne pas générer de souffrances. In fine, le mal est plutôt objectif (son appréciation relève de la morale) alors que la souffrance est plus subjective.

Il faut donc poser d’un côté le problème du mal, de l’autre, le problème de la souffrance, sans dissocier complètement les deux, sans les confondre non plus. Nous verrons d’abord le problème du mal. Il appelle trois réponses, que nous pourrions grossièrement appeler « relativisme », « subjectivisme », et « liberté ».

Relativisme

Commençons d’abord par rappeler que le mal n’est pas premier : c’est le bien qui est premier. Le mal n’est qu’une altération du bien, un manque de bien. Comme Einstein, on pourrait dire d’une certaine manière que le mal « n’existe pas », au sens ou ce que nous appelons « mal » est en fait l’absence de bien. Cela peut paraître trivial ou tiré par les cheveux, mais c’est pourtant une première évidence : pour être ruiné, il faut déjà être riche. Pour pouvoir avoir un cancer à la jambe, il faut déjà avoir une jambe. Pour pouvoir connaître le chagrin amoureux, il faut déjà tomber amoureux. Pour pouvoir mourir, il faut déjà vivre. S’il n’y avait pas le bien, saurions-nous ce qu’est le mal ?

Il convient donc de « relativiser le mal », c’est-à-dire, non pas de le nier, mais de ne pas lui donner la première place, de ne pas obscurcir notre jugement au point de ne voir plus que le mal, comme si le monde n’était que maux et souffrances. Commençons par nous réjouir du bien avant de maudire le mal ! Avant d’être moche, le monde est beau. On ne s’émerveille pas assez du bien, alors qu’il ne faudrait qu’un peu d’attention pour s’extasier devant ce bon repas, ce coucher de soleil, ce vent frais, ce visage, ce rocking-chair au coin du feu, cette rose écarlate, cet oiseau au-dessus des monts enneigés. Pourquoi ne met-on pas autant d’énergie à louer le bien que nous en mettons à maudire le mal ? On préfère se scandaliser de ce qui ne va pas que de se réjouir de ce qui va. Il est vrai que saisir le bien demande d’ouvrir les yeux, tandis que le mal, pour nous heurter, n’a pas besoin de notre attention, ce qui le rend d’autant plus saillant.

Le mal ne nous heurte si profondément que parce qu’il défigure un univers qui est beau. Le désordre ne nous frapperait pas si nous n’avions pas l’habitude de l’ordre. La défiguration suppose une belle figure. L’horreur ne peut être si noire que sur fond de clarté. Celui qui se révolte devant le mal et se met à douter de Dieu ne peut le faire que s’il a préalablement, au moins de manière implicite, posé un acte de foi en la bonté de la création. Fabrice Hadjadj

Ainsi, la réponse athée, si elle explique le mal en refusant la possibilité de l’existence de Dieu, n’explique pas le bien : l’incroyable complexité du corps humain, la stupéfiante beauté de la nature, le sentiment amoureux, le cerveau d’Einstein, l’infini de l’univers et le mystère des atomes, le sourire d’un bébé, la puissance de l’éveil de nos cinq sens, … bref, tout ce qui fait la beauté de la vie.

On peut d’ailleurs, au risque de provoquer, aller plus loin : saurions encore profiter pleinement de cette vie qui nous est donnée dans un monde débarrassé de tous ses problèmes —à supposer que ce soit possible ? Vivre aurait-il le moindre goût si nous ne devions jamais mourir ? L’immortalité terrestre apparaît comme la pire des sanctions: comme les Dieux grecs, nous finirions par nous lasser de tout, nos actes et nos choix n’auraient plus de conséquences, la vie même nous paraîtrait fade, à force d’être tant de fois revisitée. La fin de la mort frapperait tout d’une éternelle nullité : il n’y aurait ni passé, ni présent, ni futur. De lassitude ou de dépit, nous tomberions alors dans la débauche sans fin ou le suicide, dans l« optimisme aveugle ou la lucidité cynique », comme le dit Hadjadj.

Les plus grands instants de bonheur que nous vivons sont ceux qui sont fugaces, qui ne sont pas voués à durer, ou, plus exactement, qui participent d’un éternel recommencement : qu’est-ce qui nous fait apprécier un bon repas, si ce n’est la faim ? Qu’est ce qui nous fait apprécier des retrouvailles avec un proche, si ce n’est la séparation ? Qu’est ce qui nous fait apprécier la possession, si ce n’est le manque ? Qu’est ce qui fait qu’un couple tient, si ce n’est n’est le souffle ardent des braises de l’amour, chaque jour entretenu ?

Plus je me réjouis de la présence de celle que j’aime, plus aussi j’ai peur d’en être privé (ce qui n’est pas le cas si je ne m’en réjouis pas). A mesure que mon bonheur grandit, à mesure aussi grandit le malheur de la perdre. Et cette angoisse a tôt fait de dévorer toute joie : je repousserai cela même que je désire, je renoncerai à m’attacher afin de m’éviter le trouble déjà présent et la détresse à venir de l’irrémédiable séparation. Le Carpe Diem ne résiste pas au Memento mori. A moins qu’il ne s’ouvre à l’espérance. Car l’espérance authentique n’est pas dérobade vers un au-delà fumeux. Elle est la condition même de l’accueil du présent. Hadjadj

Ce qu’on conclut, c’est que le mal est indissociable du bien, qu’il en est même une conséquence. Choquant ? Mais non ! Plus un être est parfait (donc « bien »), plus il est capable d’aimer, plus il souffre et plus il peut faire souffrir. Un caillou ne souffre pas. Un végétal, sans doute pas. Un animal, déjà plus complexe et capable de sentiments, peut souffrir. L’homme, être complexe par excellence, est celui qui ressent le plus fortement le manque et la souffrance. Il est capable de souffrir très fortement, aussi bien physiquement que moralement. Il est aussi capable de commettre le mal avec une grande intensité, et donc de faire souffrir autrui. Il est clair que c’est de sa perfection relative et de sa capacité à aimer que l’homme tire sa capacité à souffrir. Remarquons que les enfants, à l’intelligence encore peu développée, souffrent d’autant moins qu’ils ont peu conscience du monde qui les entoure. Leur capacité d’émotion est encore limitée. C’est en se développant en taille comme en intelligence qu’ils vont connaître la déception, le dégoût, la jalousie, la haine, la tristesse, … le chrétien comprend alors que Dieu, Amour absolu, est celui qui souffre le plus, par son Fils crucifié et agonisant.

Une vache ne peut être ni très bonne, ni très mauvaise ; un chien peut être à la fois meilleur et pire ; un enfant beaucoup plus ; un homme ordinaire encore plus ; un homme de génie, toujours plus ; un être super-doué le meilleur ou le pire de tous. CS Lewis

C’est donc parce que les hommes sont des êtres extrêmement complexes et développés, pétris d’amour et libres d’aimer, qu’ils sont amenés à souffrir. Dieu, s’il existe, aurait-il dû créer des humains aussi primitifs et froids que des cailloux, incapables de sentiments, pour nous éviter de souffrir ? On peut penser que, s’il a voulu créer des créatures complexes, intelligentes, douées de raison et capables de s’émouvoir —des êtres capables d’aimer, en définitive— il introduirait forcément la souffrance.

Dans cette approche, on ne cherche pas encore à se demander d’où vient le mal, on veut seulement rappeler que le mal n’est pas premier et qu’il peut même servir le bien. De plus, ce qui est valable dans l’ordre de la nature est valable dans l’ordre de la morale. Saint Augustin l’affirme, qui estime que la caractéristique des saints est de faire un bon usage de tout, même du mal. « Dire un Ave Maria est un bien. Faire l’aumône est un bien. De même que coucher avec une femme. Mais si vous êtes mauvais vous en faites mauvais usage : vous dites un Ave Maria pour ne pas saluer Marcel, vous faites l’aumône pour que la foule vous applaudisse, vous couchez avec une femme qui n’est pas votre femme, c’est-à-dire que vous ne couchez pas avec elle toute entière mais avec quelques-uns de ses organes à un moment passager de sa vie. A l’inverse avoir une dent cariée est une peine. Passer la journée avec le cousins Gérard est une peine. De même qu’être opéré de l’œil sous anesthésie générale. Mais si vous êtes bons vous en faites bon usage : vous vous réjouissez que cette rage de dent vous aide à jeûner le vendredi, vous vous efforcez de reconnaître en Gérard une créature de Dieu plus surprenante que l’oryctérope du zoo de Vincennes, vous profitez de l’œil exorbité pour parler de la foi à votre ophtalmologue. Un colon se sert de l’Évangile pour mieux tenir les nègres en esclavage. Un saint se sert de son propre esclavage pour rendre plus saillante sa louange à Dieu. » Fabrice Hadjadj

Soyons clairs : il ne s’agit certainement pas de dire ici que le mal est nécessaire au bien. Cette théodicée leibnizienne a vécu.  Cependant, on affirme ici que le mal est une conséquence du bien dans un monde bon, beau et libre, mais entravé par le péché.

Subjectivisme

Une fois admis la « relativisation » du mal, on peut se demander plus avant : savons-nous toujours distinguer le bien du mal ?

Un écrivain asiatique, Lin YuTang, racontait cette histoire : « Un vieillard vivait avec son fils dans un fort abandonné au sommet d’une colline et un jour, il perdit son cheval. Les voisins vinrent le plaindre pour ce malheur, mais le vieillard demanda : « comment savez-vous que c’est un malheur ? » Quelques jours plus tard, le cheval revient, suivi de plusieurs chevaux sauvages. Les voisins revinrent le féliciter de cette chance, mais le vieillard répondit : « comment savez-vous que c’est une chance ? » Entouré de tant de chevaux, le fils se mit à les monter, et un jour, perdit une jambe. Les voisins vinrent encore une fois dirent leur sympathie, et encore une fois le vieillard répliqua : « comment savez-vous que c’est une malchance ? » L’année suivante, il y eu une guerre. Parce que le fils du vieillard était boiteux, il évita le front. »

On voit à travers cette histoire que notre perception du bien et du mal est souvent erronée, parce que notre vision est restreinte et notre pensée subjective. Incapables d’omniscience, ayant des difficultés à voir à long terme, à prévoir les conséquences globales de nos actions, nous nous trompons souvent sur la nature du bien et du mal.

Attention encore une fois: il ne s’agit pas de défendre un relativisme moral dans lequel nous déciderions que bien et mal n’existent pas, que tout est affaire de subjectivité, que tantôt il y a le mal, tantôt le bien, selon le temps et le lieu : bien au contraire, nous savons la plupart du temps ce qu’il est bien ou mal de faire, de penser. Plus encore, nous sommes souvent capables de distinguer quand c’est un malheur qui nous tombe dessus, ou quand c’est un bonheur qui survient. J’ai bien dit : souvent. Pas tout le temps, et jamais parfaitement. Puisque nous sommes incapables de connaître parfaitement les conséquences finales de nos actions, puisque nous n’avons pas l’omniscience, nous pouvons nous tromper, nous pouvons prendre un bien pour un mal et un mal pour un bien. Nous ne sommes pas Dieu, et, comme le disait saint Paul, nous faisons souvent tout le mal que nous ne voudrions pas faire et nous ne faisons pas tout le bien que nous voudrions faire.

Autrement dit, le mal est souvent la résultante de notre ignorance et de notre faiblesse. Celui qui tue son voisin par vengeance ne pense pas commettre le mal mais agir selon la justice ; le violeur croit à bon droit satisfaire ses pulsions ; beaucoup de grands projets totalitaires sont des tentatives de faire le bien (plus exactement ce qui nous semble bien) selon nos propres désirs : ainsi le communisme totalitaire a-t-il voulu imposer le rêve d’une société sans classes, Hitler souhaitait quant à lui unifier l’Europe enfin en paix sous le règne du IIIème Reich.

A ce stade, nous avons une première approche à la question du mal. D’abord, le mal n’est pas premier. Ensuite, nous ne sommes pas toujours capables de le déceler. Mais nous n’avons toujours pas la réponse essentielle : d’où vient le mal ? De Dieu ? Des Hommes ? De Satan ?

 Liberté

J’ai affirmé que le péché était la cause profonde du mal, c’est-à-dire que le mal était d’abord la résultante de l’imperfection des hommes. Et qu’est ce qui permet le péché ? En fait, le principal responsable du mal, c’est la liberté. La liberté humaine permet le mal. Il serait très facile de supprimer une grande partie du mal sur Terre en supprimant une grande partie de la liberté. Plus de liberté de conduire donc plus d’accident de voiture. Plus de liberté de sortir de chez soi, plus de crimes dans les rues. Plus de liberté de fumer, plus de cancer du poumon. Alcool interdit, beaucoup moins de femmes battues.

La seule possibilité théorique d’envisager l’absence de mal est d’envisager l’absence de liberté, comme le reproche d’ailleurs l’Inquisiteur à Jésus dans les Frères Karamazov de Dostoïevski : « As-tu donc oublié que l’Homme préfère la paix et même la mort à la liberté de discerner le bien et le mal ? Il n’y a rien de plus séduisant pour l’homme que la liberté, mais rien aussi de plus douloureux. Tu te faisais une trop haute idée de l’homme, car ce sont des esclaves, bien qu’ils aient été créé rebelles. Tu as trop exigé de l’homme. En l’estimant moins, tu lui aurais imposé un fardeau plus léger. Nous, nous avons corrigé ton œuvre en la fondant sur l’autorité. Et les hommes se sont réjouis d’être de nouveau menés comme un troupeau et délivré de ce don funeste [la liberté] qui leur causait de tels tourments. Ainsi, nous rendrons tous les hommes heureux, les révoltes et les massacres inséparables de la liberté cesseront. Oh ! Nous les persuaderons qu’ils ne seront vraiment libres qu’en abdiquant leur liberté en notre faveur. » Pour le croyant, c’est parce que Dieu laisse les hommes libres que le mal prolifère et que Sheitan se marre. Dieu n’est pas un « Tout-Puissant incapable » mais un « Tout-Puissant non dominateur ».

D’où la lancinante question : Dieu aurait-il dû créer des marionnettes infantilisées, sans la liberté de pouvoir faire le mal, avec lesquelles jouer ? Que Dieu existe ou non, le mal est en grande partie la résultante d’un monde libre qui choisit le péché (c’est-à-dire qui refuse la béatitude). C’est d’ailleurs tout le sens du mythe de la Genèse. L’homme, en conquérant sa liberté de mauvaise manière, à travers l’arbre de la connaissance, découvre aussi la souffrance, qui va de pair avec la liberté de pouvoir discerner le bien et le mal[1].

C’est quelque chose comme ça. Satan détient le peuple élu en otage. Il tient un pistolet contre leurs têtes et dit à Dieu : « Bon, ne vas-tu pas faire quelque chose ? Ne vas-tu pas m’arrêter ? Ne vas-tu pas enfreindre une de tes insignifiantes règles pour sauver tes chéris ? Dieu répond : je ne vais pas enfreindre les lois que j’ai écrites dans la création, car cela entraînerait une sorte différente de destruction pour mes biens-aimés. Michael O’Brien, Père Elijah

On peut toujours, si l’on est imaginatif, inventer des solutions alternatives. Ainsi, un meurtrier pourrait assassiner un innocent mais celui-ci ressuscite immédiatement : le libre-arbitre est préservé et le mal moral est éradiqué. Mais alors, cela revient à l’immortalité terrestre que nous avons déjà abordé : faire le mal serait sans conséquences et la liberté ne serait qu’un concept abstrait, une pure agitation. Quelle différence avec des marionnettes, dans ce cas ?

Pour le croyant, Dieu est bon et aime les hommes. En fait, à strictement parler, Dieu n’est pas Amour, il n’est qu’Amour. La négation est importante: Dieu n’est pas amour et d’autres choses aussi, il n’est qu’Amour, et rien d’autre. Est-il Tout-Puissant ? Non, il n’est qu’Amour. C’est-à-dire que sa Toute-Puissance s’arrête à la limite de son Amour. Puisqu’il ne fait qu’aimer, il choisit donc de prendre le risque du mal en donnant aux hommes le libre-arbitre, le vrai. Aime-t-il son élève le professeur qui lui donne la solution du problème pour lui éviter des erreurs? Aime-t-elle son bébé la maman qui refuse de lui apprendre à marcher, de peur qu’il ne tombe ? Aime-t-il son fils, le père qui ne permet pas à son adolescent de sortir se distraire, de peur de l’exposer au mal ? Si Dieu est un Père, doit-il nous traiter comme des bébés (a-t-on jamais vu un bébé triste) ?

L’Homme a donc sa liberté. Et qu’en fait-il ? Qui est responsable des guerres, des famines, des massacres, des génocides ? Qui a créé un monde égoïste et individualiste où l’argent règne en maître, où personne ne regarde son voisin et ou « aimez-vous les uns les autres » est devenu un slogan suranné pour hippies mystiques ? Jean-Jacques Rousseau constatait qu’à la différence des animaux, l’homme possède cette capacité de faire le mal, de le savoir et de s’y complaire. Pire encore, nous pouvons être mauvais même inutilement, même gratuitement. En définitive, qui est responsable du mal ?

Celui qui sème l’injustice récolte l’injustice (Proverbes 22.8)

On ne peut donc pas affirmer que Dieu n’existe pas parce que le mal existe. Cela relève d’une image erronée du Père, qui, de Dieu d’Amour, devrait être un Père Fouettard qui punit illico les vilains criminels. Il faut revenir à une image de Dieu finalement plus proche de la conception athée que de la mauvaise peur de grand-mère : Dieu n’a rien à voir avec le mal que font les hommes en utilisant leur liberté.

Si Dieu devait à juste titre ôter tout le mal de la terre, il lui faudrait tirer sur tous ceux qui sont coupables d’exercer le mal sur autrui. A commencer par moi ! Raphaël Anzenberger

Et la souffrance ?

Nous avons jusque-là parlé du mal, c’est-à-dire de ce qui relève d’une qualification morale. Jusqu’ici, j’ai contredit la femme de Job, me contentant d’affirmer que la réponse athée face au mal me paraissait insuffisante, la présence de souffrance sur la Terre n’étant pas incompatible avec l’existence d’un Dieu bon.

Cependant, l’action des hommes n’explique pas toutes les souffrances de l’humanité. Il est des malheurs inexplicables où l’action humaine semble absente, comme récemment à Haïti. Se pose alors, plus que le mal, le problème de la souffrance : un tremblement de terre provoque de la souffrance mais ne relève pas du mal en tant que critère de choix moral : l’argument « liberté » est donc inopérant : on ne peut pas parler de « liberté de la plaque sismique de faire le mal », de « liberté du virus ravageur », ou faire un reproche à la conscience morale de celui qui tue par accident. D’où vient alors le mal ?

Il faut évacuer d’emblée les clichés véhiculés par quelques intégristes et amis de Job : le mal n’est pas une « punition divine ». D’ailleurs, si c’était le cas, pourquoi Jésus aurait-il souffert, lui qui est, selon la théologie catholique, sans péché, un homme parfait sur le plan moral ? C’est bien la preuve qu’être bon, faire le bien, ne protège pas de la souffrance, qui semble apparemment aveugle et arbitraire. On pourrait même dire plus : plus on fait le bien, plus on souffre, et le meilleur moyen de ne jamais souffrir reste encore de ne jamais aimer, de ne jamais s’attacher.

En ce sens la théodicée a fait beaucoup de ravages dans les siècles passés, cherchant à tout prix à « justifier Dieu » (comme si Dieu avait besoin d’être justifié), en donnant une explication presque cynique à l’existence du mal : il serait toujours la conséquence du péché des hommes, ceux qui subiraient le mal ne seraient en réalité que ceux qui ont fauté, et il y aurait une harmonie cachée que l’écrasement du péché nous empêcherait de saisir. 1755 marque une rupture, car se produit cette année-là un séisme majeur qui fera entre 50 000 et 100 000 morts dans une des plus riches, des plus prestigieuses… et des plus catholiques villes de l’époque : Lisbonne. Lisbonne marquera une sorte de tournant dans la réflexion des Lumières autour du mal et de Dieu : les partisans de la théodicée auront bien du mal à justifier que 50 000 morts puissent être 50 000 pécheurs qui récoltent le salaire de leur iniquité, que tout cela ait un sens, dans le « meilleur des mondes possibles ». Surtout quand la catastrophe se produit le jour d’un grande fête catholique (la Toussaint).

Ce n’est pas que la théodicée ait tout faux : il y a une responsabilité profonde du péché dans le mal. Mais la théodicée confond le mal et la souffrance, croyant que toute souffrance vient du mal, donc d’une faute première dont la souffrance serait la conséquence. Or, nous l’avons dit, si le mal est un problème moral (on fait trop le mal et pas assez le bien), la souffrance est amorale : on subit au fond de son être quelque chose qui ne relève pas de la morale, c’est-à-dire qui ne relève pas de l’action libre d’un homme. Parfois, on n’y peut rien, on n’y est pour rien, personne n’y est pour rien ! Croire alors que toute la souffrance vient du péché, et surtout qu’elle cible précisément les hommes en fonction de leur péché, comme le pensent Éliphaz, Bildad et Tsophar, c’est nier que le mal puisse aussi toucher des innocents, c’est nier même la réalité de la souffrance aveugle, c’est préférer le discours théologique à la consolation, à la compassion qui ne souffre pas d’explications, mais qui regarde le mal dans l’amertume et les pleurs.

Cette position produit aussi une conséquence dramatique : se plaindre du mal serait « fauter contre Dieu », puisque, ou bien nous méritons ce mal, ou bien il s’inscrit dans une harmonie naturelle que nous ne pouvons pas comprendre: dans tous les cas, il n’y a pas lieu de s’en plaindre. C’est oublier la parole de Jérémie: « Ainsi parle Yahvé. A Rama, une voix se fait entendre, une plainte amère; c’est Rachel qui pleure ses fils. Elle ne veut pas être consolée pour ses fils, car ils ne sont plus. »

Défendre ce point de vue, c’est nier le légitime cri de cœur et de colère devant la souffrance. Un proverbe dit pourtant: « Il n’y a pas de problème à être en colère après Dieu, il peut le supporter. » Même pour un chrétien, se révolter contre Dieu face au malheur est absolument normal : c’est le contraire qui serait surprenant, voire choquant. La prière est un cri d’abandon, un déchirement intérieur, le cri de Jésus lui-même : Abba, pourquoi m’a-tu abandonné ?

Il faut en passer par le mystère de la Croix. On peut aussi regarder comment Jésus s’est situé par rapport à la souffrance. Touché (Veuve de Naïm), il pleure avec ceux qui pleurent (Jean, 11), ne maudit jamais mais guérit et réconforte (les Béatitudes), refuse le lien entre maladie et péché (Luc 13, Jean 9) et enfin, il souffre lui-même le martyre en mourant sur la croix pour une faute qu’il n’a pas commise. Jésus ne rend pas la souffrance désirable en soi (Matthieu 26:39) mais lorsqu’elle survient, il l’accepte et s’en sert pour qu’en sorte un plus grand bien. A la souffrance, il répond l’humilité. « Si on te frappe sur une joue, tend aussi l’autre» (Luc 29)

Le temps vient alors de l’apaisement, car on ne peut pas vivre dans la révolte permanente contre Dieu et contre le monde. Le temps vient alors de comprendre cette phrase finalement si choquante: « Bienheureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés » (Mt, 5:4). Le temps vient de la rédemption, le temps vient de comprendre que le mal n’a pas le dernier mot. L’Histoire de Job se termine ainsi: « L’Éternel rétablit Job dans son premier état, quand Job eut prié pour ses amis; et l’Éternel lui accorda le double de tout ce qu’il avait possédé. » (Job, 42:10)

Dieu n’est pas venu supprimer la souffrance ; il n’est même pas venu pour l’expliquer. Il est venu pour la remplir de sa présence. Paul Claudel

Il y a une part de mystère de la souffrance qu’il faut préserver, alors que la théodicée l’évacue. Oui, le mal est parfois inexplicable et arbitraire. Oui, la souffrance touche des innocents, parfois des saints, et Dieu lui-même. Pourquoi ? Il n’y pas d’autres réponses que le cri, les larmes et l’abandon.

L’existence de catastrophe naturelles enlève-t-elle pour autant toute pertinence à la réponse de la liberté ? Nullement. L’homme interagit avec la nature et la modifie, la transforme : en bien ou en mal. Ainsi, si nous sommes incapables de partager nos richesses pour construire des habitations antisismiques à Port-au-Prince, nous péchons encore par omission. A Tokyo, un tel tremblement de terre aurait-il eut tant de conséquences ? Ainsi, les maladies génétiques et les pluies acides dues aux retombées radioactives des bombes nucléaires envoyées par les hommes ne sont pas le fait du Créateur. Ainsi, bien des catastrophes dites « naturelles » ne sont rien d’autres que les conséquences directes ou indirectes de l’action des hommes sur la nature : que faisons-nous subir à notre Planète ?

La liberté que Dieu octroie aux hommes est également donnée, dans une moindre mesure, à la nature. La théologie catholique dit que la Création reste inachevée et en désordre: c’est pour que les hommes la travaillent. Dieu ne peut-il pas avoir impulsé le « mouvement créateur » tout en laissant aux êtres vivants le libre-arbitre et l’autodétermination ? Admettons que Dieu ait créé le léopard et l’ait doté d’un libre-arbitre à la mesure de ses facultés : est-il responsable si le léopard, suivant son instinct, tue un enfant ? Aurait-il dû intervenir, foudroyant le léopard en pleine course ? Aurait-il dû ne jamais créer de léopard ? L’existence du léopard, neutre en soi, mais qui peut produire de mauvaises conséquences selon les circonstances, prouve-t-elle l’inexistence de Dieu ?

Satan

Nous avons oublié un grand acteur du mal : Satan. Croire en Dieu, c’est inévitablement croire en Satan.

L’astuce suprême du diable, c’est de nous convaincre qu’il n’existe pas. Il est plus difficile d’aimer Dieu que de croire en lui. Au contraire, il est plus difficile aux gens de ce siècle de croire au Diable que de l’aimer. Tout le monde le sert et personne n’y croit. Baudelaire

Le démon, partout, cherche à mettre le boxon. Dans l’histoire de Job, il faut préciser que les malheurs qui lui tombent dessus sont le fait de Satan, qui défie Dieu en lui disant que Job l’aime uniquement parce qu’il a tout : que Dieu lui retire ce qu’il a, et Job le maudira en face, (n)argue le Malin. Dieu permet alors à Satan d’éprouver la fidélité de son serviteur.

Attention, le diable n’est pas une excuse pour déresponsabiliser l’homme, dans un espèce de discours mystico-religieux et loin de la terre. Bien au contraire, dire que Satan existe, c’est entrer dans le combat spirituel, qui est d’abord un combat temporel : combien il est dur de lui résister, combien glorieux sont les saints ! C’est souvent par notre manque de foi (c’est-à-dire de confiance) et de persévérance, que, consciemment ou inconsciemment, nous ouvrons les portes de la Cité au Malin. Et même devant nos plus glorieuses réussites, quand bien même nous aurions secouru la terre entière, l’orgueil se tient là, en embuscade, qui se prépare à nous jouer un mauvais tour.

Si Dieu est plus grand que Satan, pourquoi le laisse-t-il faire ? On l’a vu : Dieu ne peut rien face aux hommes qui ouvrent librement leur porte au Prince de ce monde (quoiqu’il intervienne souvent mystérieusement…). Par ailleurs, Satan est libre de tenter les hommes, il est un ange déchu mais libre, désobéissant, comme l’homme, par orgueil: n’oublions pas que « Lucifer » signifie étymologiquement « le porteur de Lumière ». Dieu ne va pas contre ses créatures.

Dieu permet-il le mal ?

Terminons enfin par une ouverture, la dernière, la réponse de Job et la conclusion de cet article, peut être la seule qui vaille: Dieu peut permettre que l’épreuve nous traverse pour que celui qui met sa confiance en Lui en sorte grandi, pour que le cri du cœur de la souffrance nous renouvelle dans notre amour pour Lui et pour nos frères, pour que la souffrance soit un chemin de rédemption. Cet argument n’est à mon avis accessible qu’à une personne qui a réellement souffert, mais qui a trouvé, dans ou après la souffrance, un moyen de grandir en Dieu, dans la ferme espérance d’un monde sans souffrance. La souffrance est un feu. Le feu brûle, mais purifie également, et révèle l’or.

Il ne faut jamais dire que la souffrance est un bien, mais elle peut être un moyen dans les mains de Dieu. Pie XII

Ce que le démon instruit comme une tentation pour perdre, la providence le rattrape comme une occasion pour sanctifier. Hadjadj

Si Dieu exauçait toutes les prières, notre piété serait une école d’avarice et d’intérêt. Si Dieu n’en exauçait aucune, l’espérance aurait disparu.  Saint Augustin

Il y a un passage des Évangiles qui raconte cette histoire: « Jésus vit, en passant, un homme aveugle de naissance. Ses disciples lui firent cette question: Rabbi, qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle? Jésus répondit: Ce n’est pas que lui ou ses parents aient péché; mais c’est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui. Il faut que je fasse, tandis qu’il est jour, les œuvres de celui qui m’a envoyé; la nuit vient, où personne ne peut travailler. Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. Après avoir dit cela, il cracha à terre, et fit de la boue avec sa salive. Puis il appliqua cette boue sur les yeux de l’aveugle, et lui dit: Va, et lave-toi au réservoir de Siloé (nom qui signifie envoyé). Il y alla, se lava, et s’en retourna voyant clair. » (Jean, 9)

***

Tous ces arguments, s’ils peuvent creuser le sujet, ne prétendent pas expliquer ni totalement ni pleinement l’origine et les causes de la souffrance, qui restent largement mystérieuses, particulièrement quand elle est brutale et aveugle, et quand il ne semble pas y avoir de coupable. On ne peut alors que rester silencieux devant le drame d’une maman qui vient de perdre son enfant. Cependant, l’approche chrétienne face à la souffrance me semble plus juste que l’approche athée. Là ou beaucoup de ces derniers ne verront dans la souffrance qu’une absurdité intolérable et injuste qui ne sert à rien, le chrétien, sans nier le côté révoltant de la souffrance, lui donne un sens.

Le mort, qui est le mal par excellence, forcément ignoble et injuste si Dieu n’existe pas (c’est le saut vers le Néant et l’arrêt de toute existence) n’est qu’un passage vers la Vie pour le chrétien. Le pire des maux conduit au plus grand des biens : quel renversement des valeurs !

L’attitude chrétienne à l’égard de la souffrance est paradoxale : elle ne la nie pas supérieurement comme le stoïcisme païen, elle ne s’y résigne pas, elle ne la désire pas non plus dans un masochisme morbide ; mais elle l’accueille en ce qu’elle a d’inéluctable, tout en la combattant, et cherche à lui donner un sens positif à la lumière de la croix du Christ. Bernard Sesbouë

Il faut, comme le dit parfaitement Bernard Sesbouë, à la fois accueillir la souffrance (c’est-à-dire accepter qu’elle arrive, qu’elle soit inévitable dans toute vie et qu’elle puisse avoir un sens, voire une utilité, ne serait-ce que celle de nous faire apprécier le bien en vérité) et combattre (c’est-à-dire repousser tant que possible, et travailler à soulager). Il ne faut donc tomber ni dans le fatalisme (ne pas combattre le mal) ni dans le masochisme (rechercher le mal). Mais la souffrance peut être dépassée: il ne nous est pas demandé d’aimer la souffrance, mais d’aimer dans la souffrance, c’est-à-dire de vivre la souffrance en aimant quand même. « En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » Mt, 35

C’est vrai, même sans être chrétien, on peut affirmer sans choquer que la souffrance peut servir à quelque chose. Ne sont-ce pas nos erreurs, nos échecs et nos drames qui nous forment ? N’apprend-t-on pas beaucoup plus de ses échecs que de ses réussites ?

L’homme ne sait rien, s’il n’a d’abord souffert. Alfred de Musset

Sur le plan purement biologique la souffrance est d’ailleurs une information qui permet de préserver notre corps des attaques extérieures qui mettraient notre vie en danger. C’est la douleur cuisante qui nous enjoint de retirer notre main du feu, sous peine de la voir brûler. C’est le vertige qui nous fait reculer de cet abîme glissant. Les personnes qui ne souffrent jamais en raison de troubles pathologiques finissent en général en fauteuil roulant à 20 ans.

De plus, la souffrance, et c’est peut être là le point le plus important, ouvre à la compréhension d’autrui. Elle est un appel à agir, elle nous oblige à faire taire notre orgueil et nos petits problèmes souvent superficiels et à entrer dans le dévouement pour les autres. Elle nous invite à lâcher quelque instants notre iPhone pour aller sourire au SDF du quartier qui va sans doute mourir de froid avant avril. On est beaucoup plus unis dans la souffrance que dans la joie : combien de pères se réconcilient avec leur fils sur leur lit de mort ? Combien de vieux amis se retrouvent dans le deuil ? Combien de vraies paroles sont échangées dans l’épreuve, que nous n’aurions jamais dites autrement ? Combien de fois le mal nous met face à notre orgueil et notre égoïsme, à notre humanité fragile ?

Nous voudrions un monde préservé du mal et de la souffrance, mais serions-nous gagnants d’un tel monde ? J’aime à citer ce profond dialogue dans le roman Père Elijah, entre le prêtre et un athée mourant ayant commis d’innombrables crimes pendant la seconde guerre mondiale :

« Vous avez peut être remarqué que j’ai échappé à toutes les formes d’incarcération que l’Europe a offertes depuis le changement de siècle. Je les méritais toutes, dites-le vous bien. Mais je ne suis pas une victime.

–Vous êtes un bourreau et une victime.

–Je n’entends aucun cri.

–Vous êtes sourd.

–Je n’entend aucune parole prononcée dans la création, aucun messager de votre Dieu silencieux.

–Vous ne les voyez pas ? Vous ne les entendez pas ?

–Non. Rien. Allez, allez, tout ça, ce sont des mots, là. Revenons-en à ma question originelle. La réalité objective, ici, est qu’il n’y a eu aucun sauvetage.

–Qu’entendez-vous par sauvetage ? S’évader d’un camp de concentration ? Vivre une longue vie ? Dans la vision des choses la plus large, peut être que la victime qui va à la mort sans avoir été corrompue par la haine est la seule vraiment secourue.

–Donc vous laissez les mauvais faire le mal ? Vous ne combattez pas le mal ? Vous ne m’arrêterez pas ?

–Nous devons faire tout le possible sans dépasser les limites des principes divins. Nous ne pouvons pas prendre les armes du mal pour vaincre le mal. Faire cela, même pour la défense du mal, reviendrait à être battu deux fois. Je crois que c’est l’objectif ultime de Satan. Pourquoi un ange déchu voudrait-il tuer six millions, ou soixante ou des centaines de millions, ou même toute la race humaine ? Qu’est-ce que cela prouverait ? Qu’il est mauvais ? Il le sait déjà, et Dieu le sait aussi. Non, le trophée qu’il vise n’est rien d’autre que d’attirer toute l’humanité à sa rébellion. Et de faire cela au nom du bien. Ce serait son coup de maître.

–Bon, bon, bon, vous attribuez une bien grande perspicacité à ce croque-mitaine cosmique. Cela épargne pas mal d’introspection, n’est-ce pas ? Prenez vous-en à lui. C’est la faute du diable si j’ai fait ça !

-En un sens, oui. Il a tenté. Vous avez choisi. Vous avez cru son interprétation de l’univers. »

Tentative de conclusion

Nous avons vu que le mal est la résultante du péché permis par la liberté octroyée aux hommes. Que ce mal, bien qu’intrinsèquement et toujours mauvais, n’est pas premier, n’est pas définitif. Que la souffrance peut avoir un sens et même une utilité. S’il ne nous est demandé d’aimer ni le mal ni la souffrance, il est possible de donner un sens à celle-ci pour combattre celui-là. Qu’envisager un Dieu à la fois Bon et Tout-puissant est parfaitement possible dans un monde où existe le malheur, puisque, si Dieu existe, c’est justement par bonté qu’il nous a octroyé la Liberté, l’homme étant libre de faire le mal en préférant obéir à Satan plutôt qu’à Dieu. Et, n’étant qu‘Amour, sa toute-puissance est limitée par sa bonté. Que, sauf à rêver d’un monde de marionnettes, tout cela est inévitable sur la Terre. Mais que, par la grâce du Christ, tout ceci a une fin, que la Vie peut l’emporter sur la mort et l’Espérance sur la misère. Nous pouvons et devons combattre le mal, mais pas en prenant les armes du mal. C’est une réponse que j’espère simple, humble, et authentiquement chrétienne.

Le mal reste un grand mystère, auquel la prière et le déchirement des larmes répondent bien mieux qu’un article à prétention philosophique. On voit cependant que la réponse athée a d’importantes limites et pose finalement plus de problèmes qu’elle n’en résout. Car si Dieu n’existe pas en raison du mal, alors nous sommes perdus, car rien ne viendra nous tirer de ce mal sinon la délivrance par la mort : nous pouvons travailler à soulager les conséquences du mal, mais nous ne travaillerons jamais assez à soulager la souffrance, encore moins à nous libérer du péché qui la produit largement. Si nous ne pouvons pas nous sauver nous-mêmes, alors autant se suicider tout de suite ?

Dans la mesure ou elle provient d’un cri de révolte et d’incompréhension face au mal, d’une vraie soif de justice, cette réponse athée reste cependant plus honnête et plus acceptable que celle du croyant qui finit par penser que Dieu est faible, ou pire, qu’il inflige ce mal aux hommes en punition de leurs péchés. Là est la pire des réponses, car, non contente de nier la souffrance des innocents et de faire preuve d’une suffisance absolue, elle prétend se justifier par Dieu, comme si Dieu avait besoin des justifications des hommes, comme si nous connaissions tout de Dieu. La réponse athée, si elle se trompe sur la nature de Dieu, ne prétend pas au moins justifier le mal par lui, trouvant seulement plus simple de l’éliminer du tableau.



[1]Une fois encore, attention aux mauvaises interprétations du Texte: il ne s’agit pas de dire que l’homme était esclave avant d’avoir croqué la pomme et qu’il retournera à cet état au Paradis: au contraire, on voit que Dieu lui donne nombres de libertés: il le laisse nommer les animaux à sa guise (Genèse, 2), lui donnant ainsi accès à la connaissance du monde, lui laisse même exprimer un manque (répondant à ce manque en créant la femme), et le laisse enfin croquer la pomme, désobéir en toute liberté. Cette liberté que l’homme va utiliser en désobéissant à Dieu par orgueil, orgueil sur lequel souffle le Serpent. Et le Mal d’entrer dans le monde. Cette liberté qui nous sera toujours accordée : faire le bien ou faire le mal, être vertueux ou être vicieux, accepter ou refuser Dieu. Au dernier seuil, nous pourrons encore refuser l’Éternel dans un ultime mouvement de liberté. Et le Mal d’entrer dans notre cœur.

16 réflexions sur “Si Dieu existe, pourquoi le mal ?

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  3. J’ai lu votre texte. Mais je me posetoujours la question . Pourquoi Dieu à prit la vie d’un bon gars comme l’un de mes amis dimanche dernier . Tandis qu’il y a une teigne a coté de chez nous. Qui ne fait que rendre la vie impossible a tous le voisinage, Il aurait mieux value prendre celle-ci qui vie au crochait de la société, qui ne pense qu’a mal faire . Qui ne sers abolument a rien .

    Peut-être direz-vous que je suis méchante, que je ne tend pas l’autre joue , mais mon ami était un bon gars,pret a aider tout le monde . C,est triste il n’est plus. Mais Dieu laisse les rapaces ….

    • Peut être parce qu’il était juste,Dieu l’a pris,afin de préserver son âme,qui dit que s’il avait vécu plus longtemps il n’aurait pas mal tourné et perdu son âme?,la bonté,l’amour ce que nous appellons les fruits de l’Esprit sont garantie du salut avec la foi en Jesus.Pourquoi Dieu laisse la vie à ce méchant voisin?Parce qu’il use de patience envers cet homme jusqu’à ce qu’il prenne conscience du mal qu’il faitet change de conduite croyant en Jesus et portant les fruits de la repentance par une bonne conduite définitive,tu sais, bien que vivant ,il est mort spirituellement car faisant le mal,la véritable vie ne vient que lorsque l’on a recu le Seigneur dans sa vie,on porte du fruit alors en abondance et l’on fait du bien autour de soi.Nul homme ne connait la durée de ses jours si ce n’est Dieu,si cet homme meurt dans son péché,içi le mal qu’il fait au voisinage,alors il sera perdu et ira en enfer,Dieu n’est pas injuste,il comptabilise les actions des hommes,il espère jusqu’au bout que les hommes se repentent(changement de conduite,de direction)viennent à lui et soient sauvés,dans sa grande bonté,Dieu a crée l’homme libre et non esclave,en s’alliant au mal par ses mauvais choix,il s’est rendu esclave du péché,voilà pourquoi Jesus est venu,afin de rendre réellement libres ceux qui viendraient à lui,mais il ne force pas,malgrés qu’il soit le seul chemin qui mène à Dieu,car lui seul s’est identifié au péché jusqu’à sa condamnation afin de racheter l’humanité,au prix de son propre sang,car il n’y a pas de pardon sans efusion de sang,c’est le prix de ton âme,de l’âme de chacun(e) qui est éternelle,c’est pourquoi Jesus est venu comme un être humain,mais sans péché,car s’il avait péché il n’aurait pu nous racheter,mais gloire à Dieu,il a été justifié et la mort n’a pu le retenir ,il est vivant,encore aujourd’hui et est apparu a bien de nos contemporains qui témoignent de cela,c’est du vécu et bien des vies ont été changées grâce à lui,ce salut est offert pour tous les hommes,afin qu’en croyant en lui ils puissent hériter la vie éternelle en sa Présence,la Bible est vraie,ce qu’elle dit est vraie,ce qui était anoncé depuis des siècles est en train de se réaliser sous nos yeux,bientôt tout oeil verra Jesus,car il viendra chercher son Eglise mais seuls ceux qui sont prêts,partiront avec lui,car comme il est saint c’est à dire pur,exempte de péché,seuls ceux qui sont sanctifiés partiront avec lui,cela n’est faisable que par la foi en Jesus,en son sacrifice volontaire à la croix,que son sang versé à Golgotha sur cette croix,est suffisant pour nous purifier,il nous faut avoir foi en cela.Il est dit qu’alors viendra le jugement colère de Dieu réservée depuis les temps passés pour un jour qui s’approche de plus en plus,nul ne pourra échapper à son jugement,il connait toute chose,rien ne lui est caché car il vit en chacun(e) et voit tout.Aujourd’hui si vous entendez sa voix,à travers votre conscience,n’endurcissez pas votre coeur,mais venez à lui,la condamnation du péché est éternelle et c’est l’enfer ou la gehenne ou il y aura des pleurs,des grincements de dents,il n’y aura plus de soleil,ni de pluie,ni de nature,que Dieu donne généreusement aux bons comme aux méchants,cela sera fini pour eux,il n’y aura que l’étang de feu,c’est pourquoi que nous parlons,nous évangélisons car personne ne voudrait que même son pire ennemi passe l’éternité dans cet endroit horrible que Dieu a préparé à l’origine pour le diable et ses démons,mais les hommes refusant l’oeuvre de Dieu accomplie en Jesus se jettent eux même sous cette condamnation terrible et éternelle,celle de la seconde mort.Il y aura une resurection générale mais les uns pour la vie éternelle le paradis comme on dit,et les autres pour l’enfer,c’est pourquoi Dieu parait si long qu’on croirait qu’il n’existe pas,il a déjà tout accomplit pour le salut des hommes,c’est à l’homme (hommes et femmes) de décider,le choix appartien à chacun(e) d’entre nous,mais ce choix a une conséquence,bonne ou mauvaise .

  4. Sur un site juif, un internaute pose à un rabbin une question surprenante :

    « Le film « Bruce Almighty » soulève des questions importantes. Ça parle d’un homme à qui on donne la tâche d’être D.ieu pendant une semaine. Les réponses aux dilemmes qu’il affronte m’ont aidé dans ma quête de la vérité.Si vous pouviez être D.ieu pendant une semaine, que feriez-vous ? Qui aideriez-vous ? Quelles punitions infligeriez-vous ? Que feriez-vous de cette terrible responsabilité ? »

    Et le rabbin répond :

    « Je n’ai pas vu le film, mais cette question est connue. Un petit livre écrit par le Rav Aryeh Kaplan en 1983 appelé « Si vous étiez D.ieu » pose exactement le même scénario. Vous serez peut-être intéressé de le lire pour connaître sa perspective. Je suis sûr qu’il existe de nombreux ouvrages sur la question avec autant d’approches différentes. Voici la mienne.

    Vous posez la question comme une hypothèse : si vous pouviez être D.ieu, que feriez-vous ? Mais d’après la pensée juive, ce n’est pas là une hypothèse, c’est la réalité !

    D.ieu a placé en chacun de nous une étincelle divine, une partie de Lui-même, que nous appelons généralement notre « âme ». Cette étincelle divine est notre véritable identité ; notre corps et la « personnalité » qui l’accompagne sont simplement les vecteurs à travers lesquels s’exprime notre âme.

    Nos corps sont humains. Mais nos âmes sont divines. Du point de vue de l’âme, nous avons les mêmes attributs que D.ieu Lui-même. Nous sommes faits à Son image.

    1) Nous avons le libre arbitre

    En vérité, seul D.ieu peut avoir le libre arbitre. Parce que posséder un véritable libre arbitre signifie être au-dessus de toute influence qui puisse vous faire pencher d’un côté ou de l’autre. Si je choisis quelque chose sous l’effet d’une pression extérieure, de mon ignorance ou de l’habitude, ce choix ne peut être réellement qualifié de « libre ».

    Or, D.ieu seul est au-delà de toute influence. Du point de vue du corps, un être humain est soumis à l’influence de l’environnement, de l’éducation, de la génétique et des changements d’humeur. Scientifiquement parlant, nous sommes essentiellement des machines qui font des choix prévisibles dépendant d’influences internes et externes. Mais ceci est seulement valable du point de vue de la nature. D’un point de vue spirituel, nous ne sommes pas à ce point unidimensionnels. D.ieu nous a donné une part de Lui-même, une âme, qui constitue l’essence de notre être et qui est au-delà de toute influence. Notre âme nous permet de nous élever même au-delà de notre propre nature et d’être réellement libres de choisir.

    Ainsi, comme D.ieu, nous avons le libre arbitre. Notre destin est entre nos mains.

    2) Nous sommes des créateurs

    Mis à part le fait que nous pouvons inventer, construire et même reproduire (ce que les animaux font également), nous autres humains sommes, dans notre essence, des créateurs.

    La Kabbale (la mystique juive) enseigne que chaque action que nous accomplissons non seulement affecte le monde autour de nous, mais crée également de nouvelles forces spirituelles. En accomplissant un geste de bonté, nous créons un « ange bénéfique », une force d’énergie positive. En revanche, en agissant égoïstement ou de façon destructrice, nous créons un « ange maléfique », une énergie négative. Au fil de nos vies, nous accumulons une multitude de ces créatures qui sont l’œuvre de notre propre création, et elles planent au-dessus de nos âmes. L’énergie négative peut être détruite et même transformée en bien si nous regrettons le mal que nous avons fait et réparons le mal commis. Ces anges sont les nôtres et nous décidons de leur sort.

    Comme D.ieu, nous sommes des créateurs, et nos créations sont entre nos mains.

    3) Nous pouvons agir sur le destin du monde entier

    Le pouvoir de l’âme est illimité. Mes pensées, mes paroles et mes actions peuvent propulser le monde entier vers la réalisation de son destin ultime, ou bien retarder cette réalisation. Le Talmud dit que chacun devrait considérer la balance du monde en équilibre entre le bien et le mal. Le geste que je m’apprête à faire va faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre : vais-je amener plus de corruption, de douleur et de peine dans le monde, ou bien vais-je promouvoir la paix, le bonheur et l’harmonie ?

    Ainsi, tout comme D.ieu, nous possédons le libre arbitre, nous créons et contrôlons nos créatures, et le destin du monde entier est entre nos mains.

    D.ieu pourrait nous avoir créés autrement. Il n’était pas obligé de nous donner tellement de pouvoir. Mais il a fait un pari. Il a placé le monde dans nos cœurs. Il a investi en nous Son Être même. Parce qu’Il nous fait confiance pour réussir.

    Alors, la question n’est pas « Que feriez-vous si vous étiez D.ieu ? », mais plutôt « D.ieu vous a donné Son pouvoir. Qu’allez-vous faire maintenant ? » ».

  5. il y a le bien et le mal
    le mal existent autant que le bien, nous choisisons notre voie.La polution, c est nous qui l avont choisi, la famine aussi.Nous acusons d autre sans nous accuser nous même.Il y a peu de gens qui ne se plaignent pas et au contraire essaye d’ aidés!Dieu ne donne pas la raison de la mort.Il t’ acueille si tu le merite.Apelez dieu de toute votre ame quand vous soufrez et il vous aideras

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  8. Et si Dieu était le Diable
    c’est clair et limpide quand on lit l’ancien testament…..
    on y découvre un DIEU paranoïaque, névrose, menteur, cruel, intolérant, jaloux, esclavagiste, méchant, cupide. haineux, meurtrier,. pour qui les femme sont du betail et ne sont que des « matrices » pour enfanter
    Dieu sadique (Abraham – job, Miriam la femme d’Aaron et ses fils etc…) et j’en passe…
    Dieu qui aime le sang et exige d’innombrables sacrifices d’animausx innocents

    « le livre saint dans lequel les homme doivent prendre exemple  » nous a conduit a 2000 ans de guerres de religions,d’obscurantisme, de fanatisme, d’intolérance et de bêtise
    cause de millions de morts..et un de recul de la civilisation pour servir durant des siècles les intérêts d’une église de dignitaires mafieux et stupides….

    Moise,Josué et David l’imbécile heureux ont passe leur vie a commettre des massacres pour satisfaire les fantasmes de gloire de leur DIEU

    un dieu de miséricorde dans un océan de sang ça fait desordre

    Au final il n’y a ni dieu ni diable ni bien ni mal, mais seulement des hommes stupides..

    • Bonjour,

      Votre lecture de l’Ancien Testament est pour le moins simpliste. Le contexte du peuple juif devant lutter contre ses ennemis (égyptiens, phéniciens, assyriens, babyloniens, etc.) n’a évidemment rien à voir avec le monde moderne. Les guerres sont systématiques à cette époque pour préserver l’intégrité du territoire et du peuple. Les dominants attaquent les dominés, qui doivent se défendre (et Israël a été la plupart du temps un peuple dominé). Et je ne parle pas de la vision des femmes. Pourquoi ne tenez vous pas compte du contexte ? Pensez-vous vraiment trouver des textes de 3000 ou 4000 ans qui vantent l’égalité homme-femme et la démocratie telles qu’on les comprend aujourd’hui ? Les guerres entre les pays sont encore monnaie courantes de nos jours, et l’idée que les pays forts doivent s’emparer des pays faibles était encore répandue, y compris en Europe, il y a quelques dizaines d’années.

      L’Ancien Testament met en évidence dès le début un Dieu bon qui aime ce qu’il a créé (cf. Genèse). La violence de Dieu est d’abord une violence contre le péché, l’injustice, le mal. Si l’on veut parler de violence de Dieu , c’est d’abord de cette violence qu’il faut parler. Le Dieu des Juifs (et des chrétiens) est certes un Dieu de miséricorde, mais aussi un Dieu de justice, qui n’élude pas le mal présent dans l’homme. La responsabilité du mal est à la mesure de la liberté des hommes (Si 15,11-20).

      Cependant, l’Ancien testament c’est aussi l’histoire du peuple juif qui attribue ses victoires à « Yahvé Sabbaoth » (Dieu des armées) et ses défaites à l’idolâtrie. La fidélité du peuple d’Israël à un Dieu bon qui lui donne une terre en héritage et le conduit hors du pays d’Egypte est régulièrement mise à mal, et cela entraîne la colère de Dieu, le peuple d’Israël attribuant alors ses défaites (par ex. exil à Babylone) à son manque de foi et son adoration des idoles. Les sacrifices d’animaux sont très courant dans la plupart des religions du monde antique : on donne à Dieu ce qu’on a de meilleur, à savoir les plus belles bêtes du troupeau. Mais le judaïsme appparaît ici moins violent que beaucoup d’autres religions païennes (par ex. religion aztèque) qui pratiquent le sacrifice humain. Au contraire les Juifs le rejettent car la fidélité à la Loi suffit.

      Quant à dire que « les religions » ont causé des millions de mort, c’est un peu comme de dire que l’homme est un être capable du mal, c’est vrai mais ça ne nous avance pas beaucoup. Ne jetez pas le bébé avec l’eau du bain, n’abattez pas le chêne sous prétexte que son bois forge la lance. Et remarquez que les systèmes fondés explicitement ou implicitement sur l’athéisme, à commencer par le communisme, mais aussi la Révolution française ou le nazisme païen, n’ont pas été avares de massacres de masse, bien au contraire. Au lieu d’accuser les religions, accusez le coeur de l’homme.

      D’ailleurs, vous vous plaignez dans votre commentaire de choses mauvaises justifiées au nom de Dieu dans la Bible, pour au final conclure ‘il n’y a ni bien ni mal’. S’il n’y a ni bien ni mal, pourquoi vous plaignez-vous ? Je crois au contraire que la frontière entre le bien et le mal est très claire la plupart du temps ; par contre la frontière entre les bons et les mauvais est floue car elle traverse toute personne.

  9. Dieu! Si tu existes ? Pourquoi le monde va si mal ?
    Je suis la Lumière,et vous ne me voyez pas
    Je suis la Route,et vous ne me suivez pas
    Je suis la Vérité,et vous ne me croyez pas
    Je suis la Vie,et vous ne me cherchez pas
    Je suis le Maître,et vous ne m’écoutez pas
    Je suis votre grand Ami,et vous ne m’aimez pas
    Je suis votre Dieu,et vous ne me priez pas.
    Si vous êtes malheureux,ne me le reprochez pas !

  10. La terre c’est une école, pour apprendre à aimer, les véritable amoureux de Dieu , retournerons a leur demeure éternelle, retournerons à Dieu un jour!, nous vivons sur terre mais nous ne venons pas d’ici, , nous sommes des être éternelle avec un corps physique pour avoir accès à cette école et tant que nous n’avons pas terminer nos classe et appris nos leçons, nous ne pouvons pas retourner à Dieu. Il faut réalisé en conscience que nous sommes Âme, et somme ici pour apprendre à donner et recevoir de l’amour divin. tout le monde retournera a la source un jour, mais pas avant de devenir des amoureux de Dieu et d’AIMER!

  11. A vianney

    il est toujours difficile de dialoguer avec des gens qui ont été intoxiqués par ce venin dés leur plus tendre enfance.. pour ma part je devais avoir des anticorps qui m’ont protégés de cet abrutissement de l’esprit

    j’ai lu l’ancien testament par curiosité , mais je l’ai souvent refermé avec l’envie de vomir…

    • imaginer la terre sans le mal, ce ne serait plus un lieu où vivent les êtres humains.. mais pourquoi autant de mal sur terre, cela chacun peut se faire sa propre idée,

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