Qui pour 2017 ?

Le PS vient de subir une déroute. La côte de popularité de Hollande est très basse, mais il n’a pas d’adversaire crédible.

L’UMP est laminée, divisée, ce qui révèle la faiblesse d’un parti construit pour conquérir une majorité, assemblage hétéroclite de libéraux, gaullistes, sociaux-démocrates, populistes, qui n’ont plus grand-chose en commun, sinon qu’ils sont dans l’opposition. Copé a une côté de popularité quasi-nulle. Sarkozy voudra sans doute revenir, mais il est trop clivant. Son terreau d’irréductibles fans n’est pas suffisamment important pour faire pencher la balance. Son bilan à la tête de l’Etat est plutôt mauvais et il est englué dans trop d’affaires pour pouvoir convaincre une majorité d’électeurs.

Bayrou a eu sa chance, et n’a plus l’aura politique lui permettant de l’emporter. Son parti est trop faible. Et les centristes, plus généralement, ont du mal à convaincre des Français qui restent, quoi qu’on en dise, très attaché au clivage gauche-droite.

On parle beaucoup du FN, qui vient de faire une percée historique ; mais l’enjeu des présidentielles est autrement plus important que celui des européennes. Les Français peuvent vouloir voter FN, mais pas au point de le placer au pouvoir lors d’une présidentielle. Cela tient au fait que le vote FN est (en partie) un vote contestataire, de défiance du politique. Or, ce vote peut suffire à assurer la qualification de Marine Le Pen au second tour, mais pas à l’emporter, car il s’agit alors de choisir, et les électeurs convictionnels (ceux qui votent FN par adhésion à ses idées, son projet ou ses valeurs) ne sont pas suffisamment nombreux pour faire pencher la balance. La stratégie de dédiabolisation de Marine Le Pen est efficace, surtout face aux inepties de ses adversaires, qui répètent le même discours d’appel au sursaut républicain et à l’anti-fascisme depuis trente ans, avec le succès que l’on constate.  Mais l’est-elle assez pour convaincre, dans trois ans, une majorité de Français ?

Aucun autre candidat n’est crédible. Ni les écologistes, qui ne sont pas près de devenir une force politique importante dans le pays ; ni Mélenchon, qui a su unir en partie les divisions de l’extrême-gauche, mais dont la personnalité gouailleuse et portée aux conflits de toutes sortes et avec tout le monde créée des dissensions dans son propre camp, faisant de Mélenchon une personnalité politique encore plus clivant que Sarkozy (de toute façon les Français sont trop à droite pour choisir un candidat d’extrême-gauche).

Au final, Hollande est paradoxalement en position de force. Si rien ne change, le scénario d’un nouveau 21 avril est crédible. Un duel FN-PS permettrait au PS de triompher, malgré une côte de popularité catastrophique. Entre temps, seul un renouveau drastique de l’UMP, par le haut (avènement d’un candidat rassembleur, changement de style de Sarkozy) ou par le bas (éclatement et création d’un nouveau parti) permettrait de changer la donne. On peut en douter.

3 réflexions sur “Qui pour 2017 ?

  1. Jupé a été condamné pour abus de confiance, recel d’abus de biens sociaux et prise illégale d’intérêt. Il devrait être inéligible à vie.

    Heureusement, NouvelleDonne arrive !!!

  2. Pingback: Pronostics pour 2017 – Des hauts et débats

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