Dieu existe-t-il ? Une conclusion

Il est temps d’abord de résumer. Au fond, qu’avons-nous vu ? Déistes et athées se séparent principalement sur la place à accorder au hasard. Si Dieu n’existe pas, le hasard est à l’origine de l’Univers et partant, de la vie. L’existence de Dieu n’empêche pas le hasard, mais interdit qu’il représente toute l’origine des choses.

La science ne permet pas de trancher. On constate que le hasard pose une grande difficulté quand il s’agit d’expliquer pourquoi le big bang a eu lieu, qu’y avait-il avant, et comment se fait-t-il que l’Univers soit aussi régulièrement constitué. L’hypothèse des multivers est statistiquement plus probable, mais rien ne permet de la confirmer pour l’instant. Au final, croire que l’Univers vient entièrement du hasard est possible, mais n’a rien d’une évidence.

Cela étant, montrer que l’explication de l’origine de l’ordre par le hasard est limitée ne permet pas de conclure ispo facto que l’explication divine est vraie. C’est un peu comme démontrer que Hollande est un piètre Président, et en conclure que Sarkozy en serait un excellent ! Dire que le hasard explique difficilement l’Univers ne prouve pas que Dieu existe, mais rend l’hypothèse de Dieu (davantage) plausible, ou au moins, aussi vraisemblable que sa non-existence. Et c’était l’un des buts de cette recherche.

Il faut dire, pour être honnête, que l’existence de Dieu comme explication à l’origine de l’Univers n’est pas sans poser d’autres difficultés. Certaines sont évidentes : dire que Dieu est à l’origine du monde ne nous dit pas qui est Dieu (pourquoi est-il nécessairement bon, par exemple ?), pourquoi il a voulu créer le monde, sans parler de la fameuse question de savoir qui est à l’origine de Dieu. Les questions peuvent devenir vertigineuses –ou cocasses, c’est selon– quand on met en relation, par exemple, l’éternité de Dieu avec la finitude de l’Univers. Car si Dieu a créée l’Univers à un instant, on peut aussi se demander ce qu’il faisait avant (s’ennuyait-t-il ?… »de toute éternité, il préparait d’épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question », affirmait avec malice saint Augustin). De plus, l’hypothèse de Dieu implique de discuter, sinon de résoudre, l’existence du désordre et du mal, car il faut rendre compatible un Dieu Bon et Tout puissant avec les imperfections de la nature (là où le hasard en rend très bien compte). Tout cela relève de la théologie, et sort évidemment du cadre de cet article.

Nous arrivons au terme de notre recherche et la conclusion peut sembler à la fois stimulante, ou décevante. A aucun moment nous n’avons prétendu « démontrer » l’existence de Dieu, si « démontrer » équivaut à une preuve scientifique rigoureuse reposant sur l’expérimentation et la méthode. Nous ne l’avons pas fait.

C’est dans ce sens que cette recherche peut sembler décevante. De nombreuses lignes et 7 articles plus tard ne permettent aucunement de trancher sur cette ô combien délicate question. Ainsi fait, chacun peut à bon droit entendre les arguments qui confirment ses présuppositions. L’athée, excluant d’avance la possibilité de Dieu, dira que la science actuelle est limitée et expliquera mieux demain comment le hasard peut générer le monde –on peut cependant douter que la science parvienne un jour à montrer comment rien peut aboutir à quelque chose, ce problème philosophique demeurant insoluble. Sans aucun doute, la science du futur expliquera mieux demain l’Univers qu’aujourd’hui. Mais en même temps, au fur et à mesure que l’on explique mieux, on découvre de nouveaux phénomènes inexplicables, et ainsi la science repousse ses limites. Ce qui permet à la théologie de survivre. Le croyant, confiant d’avance en Dieu, trouvera ici une confirmation que croire en Dieu n’est pas irrationnel, ne représente pas un degré d’irrationalité significativement différent que croire au hasard.

D’un autre côté, on peut aussi trouver ici de nombreuses raisons de se réjouir. Francis Collins conclut son livre par un vibrant plaidoyer tant aux croyants qu’aux scientifiques. Il rappelle que si la science a le monopole de la connaissance (précise) du réel, la méthode scientifique n’est pas le seul moyen de savoir. On ne peut pas réduire l’émotion provoquée par la messe en si mineur de Johan Sébastien Bach à une vibration dans l’air affectant notre cerveau. Le scientifique qui le fait a une vision bien pauvre de l’esprit humain, de la gamme possible de ses sentiments.

La dernière démarche de la raison, c’est de reconnaître qu’il y a des choses qui dépassent la raison. Pascal

Comme je l’avais indiqué en préambule, nous n’avons pas démontré l’existence de Dieu : nous avons démontré qu’il existe des raisons de croire. Ainsi, chacun conserve son libre-arbitre : croire ou ne pas croire, ou plus exactement croire en Dieu ou croire en autre chose. Une démonstration mathématique de l’existence de Dieu ne constituerait pas un progrès : elle réduirait la foi, adhésion libre, personnelle et volontaire dans laquelle il entre un part de doute, à l’acceptation d’une vérité scientifique indubitable. L’étymologie du mot « foi » interdit cette réduction en rappelant qu’elle repose sur la confiance : foi vient du latin fides, ou fiducia, qui veut dire confiance ; croire provient du latin credere (se fier à, avoir confiance en) qui viendrait lui-même de l’indo-européen ḱred dʰeh₁- signifiant « placer son cœur en ». Placer son cœur en, donc, et pas prouver que. D’ailleurs, nous ne croyons pas à Dieu comme nous croyons à une théorie, une idée, un évènement ou à des valeurs. Nous croyons en une Personne. Il y a une relation entretenue avec un sujet, plus qu’une opinion projetée sur un objet. Saint Augustin disait fort justement : « Croire qu’on n’est pas aimé parce qu’on ne voit pas l’amour (..), ce n’est pas là un acte de sagesse, mais une réserve odieuse ».

L’approche par la philosophie et la Raison, où Dieu est une « conclusion raisonnable », ne s’oppose donc pas à une approche plus subjective ou émotionnelle. Elle la complète. Nulle intention ici, donc, de réduire à des raisonnements ce que des millions de personnes pieuses expriment plus facilement avec un élan du cœur. On peut considérer que Dieu se trouve plus facilement dans le baiser d’une femme, la contemplation d’une nuit étoilé ou la détresse d’une prière silencieuse qu’à la suite d’un raisonnement. En même temps, la foi ne peut pas se contenter d’être une vague émotion, un sentiment subjectif ou lyrique, sans consistance. La foi, en fin de compte, est aussi éloignée du sentimentalisme spirituel qu’elle l’est du rationalisme scientiste. Elle n’est pas rationnelle ou scientifique en elle-même, mais elle est compatible avec la raison. Elle est d’abord élan du cœur, sans être seulement élan du cœur.

Cette façon d’aborder l’existence de Dieu, plus subjective, spirituelle, théologique, ne doit pas être méprisée. Certains trouvent des « signes » de l’existence de Dieu. Ces signes, ainsi que je l’exprimai il y a trois ans lorsque j’avais discuté de cette question, sont des évènements qui, interprété d’une certaine façon par l’homme croyant, dévoilent une partie du mystère divin. Ils sont par définition insuffisants pour emporter l’adhésion. Des signes suffisants piétineraient la liberté humaine. Fabrice Hadjadj l’exprime bellement : « Si Jésus était descendu de sa Croix pour prouver irréfutablement sa divinité, quelle foi aurions-nous, avec notre bassesse, sinon du démon qui adore ? (…). Plus on réduit le Christ à un faiseur de miracles, moins on peut le reconnaître comme Sauveur sur la Croix (…) On peut forcer une adhésion intellectuelle. On ne peut pas forcer un cœur (…) Dieu se cache donc assez pour que l’homme le cherche avec désir, et le cherche à travers ses frères, c’est-à-dire aussi bien dans sa belle-mère que dans un rouge-gorge »[1]. Philarête affirme que « de tels signes seront toujours et, pour ainsi dire, par définition, insuffisants. Ils ne dispenseront jamais du « saut de la foi ». Si Dieu existe, il est nécessairement au-delà des signes. Pour le dire autrement : un signe suffisant ne peut être un signe de Dieu ; un signe de Dieu ne peut être qu’insuffisant. » Cela tient, explique le philosophe, à notre incrédulité moderne devant les évènements extra-ordinaires (nous penserons toujours qu’une explication naturelle existe) et au fait qu’aucun signe ne peut rendre compte de ce que nous nous figurons être Dieu : un être tout-puissant et infiniment bon, immatériel, sans propriétés sensibles, sans contours visibles, là où le signe ne peut être que sensible, matériel, fini.

Pour le croyant et le chrétien en particulier, cela ne signifie pas, cependant, qu’il n’existe aucun signe possible de l’existence de Dieu. Philarête affirme au contraire : « D’abord, il se trouve que Dieu a bel et bien parlé d’une voix humaine. Qu’il s’est trouvé des hommes pour parler littéralement « au nom de Dieu », porteurs d’un discours émanant d’une source qui les dépassait : Dieu, comme le confessent les chrétiens dans le Credo, « a parlé par les prophètes ». Plus encore, « en ces temps qui sont les derniers », comme dit solennellement l’épître aux Hébreux, « Il nous a parlé par son Fils ». Une voix humaine, un jour, a dit « moi qui te parle, je suis Dieu », et pour une fois, cette parole était crédible. Non pas parce que quelqu’un l’a prononcée – c’est la formule des imposteurs – mais parce que celui qui l’a dite a donné des indices probants qu’il disait vrai. Pas des preuves, certes, mais des signes nombreux et convergents, dont les plus considérables n’étaient pas de l’ordre des prodiges ou des cataclysmes, mais d’un ordre tout autre – des signes d’un amour infini. »


[1] Fabrice Hadjadj, La foi des démons ou l’athéisme dépassé, 2009.

12 réflexions sur “Dieu existe-t-il ? Une conclusion

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  3. oui mais s m avance pas a grand chose quand je débat avec un athée qui méprise ma foi ( surtout de la part des scientiste https://www.youtube.com/watch?v=46zIv4gNuN4 ) ne serait ce parce que c est long personnellement je n ai besoin d argument pour l existence de dieu que pour faire taire des antithéiste qui me considère ma foi en dieu comme la foi on les licorne
    une foi qui pour eux j ai a cause endoctrinement et de faiblesse mental

    • Mendax met en garde contre le scientisme et n’a jamais prétendu que la foi était nécessairement le résultat d’un endoctrinement ou d’une faiblesse mentale. Vous faites un Homme de paille.

  4. Pingback: Science, mythe et religion : des usages de la Raison (3/3) – Des hauts et débats

  5. À aucun moment il n’est question de la charge de la preuve ? Le seul fait que la majorité des êtres humains soient théiste suffirait-il à la renverser ou à la partager ? L’hypothèse de Dieu (le Dieu chrétien ou n’importe quel dieu créateur, incréé, unique, bienveillant etc…) n’est pas plus fondée que l’hypothèse d’une bande de licornes unijambistes invisibles qui auraient créé l’univers afin de jouer au cricket avec les astres (je caricature, mais l’idée est là…). Pour l’athée que je suis, l’hypothèse (le mot est bien choisi) de ce Dieu n’est qu’une hypothèse parmi une infinité d’autres. Pourquoi pas un Dieu méchant ? Ou plusieurs dieux ? Pourquoi ne serait-on pas le résultat d’une expérience ? L’agnostique va (grossièrement) accorder 50% de probabilité au hasard et 50% au créateur, à l’architecte (bien sûr, il ne le formule pas ainsi, mais pour lui, ces 2 affirmations se valent). Mais le hasard, on est sûr qu’il existe, lui. Et mettre le Dieu unique, créateur, conscient… sur un pied d’égalité avec le hasard, ou un univers qui n’avait d’autre choix que d’exister, c’est mettre cette hypothèse au dessus de mon histoire de licornes. Mais à quel titre ? Je ne rejette pas définitivement et dogmatiquement cette hypothèse car je ne connais pas l’origine de l’univers. Mais en l’absence de preuves, pourquoi y croire ? Ça ne fait que repousser la question de l’origine de l’univers à l’origine de Dieu. Si Dieu est omniscient et omnipotent, il est forcément infiniment complexe. Il doit donc avoir une cause lui aussi (mais vous en avez parlé dans l’article). Cette hypothèse ne permet absolument pas de régler cette question philosophique « pourquoi existe-t-il quelque chose plutôt que rien ? ». D’ailleurs, on ne sait même pas si « rien » peut exister. L’athéisme entant qu’affirmation qu’aucun dieu ne peut exister, sous prétexte qu’on ne peut pas prouver son existence, n’est pas très solide dans la mesure ou l’absence de preuve n’est pas la preuve de l’absence. Néanmoins, pour un esprit rationnel, je ne vois pas en quoi le Dieu chrétien (ou un dieu du même genre) serait plus vraisemblable que mes licornes. Les 2 sont très invraisemblables, jusqu’à ce que des éléments viennent les confirmer. En attendant, ils répondent surtout à un besoin naturel de l’Homme de comprendre ce qui l’entoure. La religion est un raccourcis et quoi que l’article puisse en dire, elle a toujours eu la prétention d’expliquer l’univers, d’expliquer d’où nous venons, ce qu’il y a après la mort, comment l’univers a été créé. Il n’y a qu’à lire les livres sacrés pour s’en rendre compte. Et ce travail, c’est bien celui de la science. Je n’ai aucun soucis avec la croyance, du moment qu’elle s’assume comme de la croyance. À partir du moment où on défend l’existence de Dieu sur le terrain du « rationnel », alors on a intérêt à apporter des arguments inédits, et scientifiques, car sinon, ces vérités, en concurrence avec celles découvertes par la méthode scientifique, ne seront que provisoires et conditionnées par leur non-remise en cause par la science dans l’avenir. Se dire qu’il ne faut écarter aucune possibilité, mais que l’hypothèse du Dieu unique créateur incréé omniscient omnipotent bienveillant est très invraisemblable et qu’il n’y a pas de raison de lui accorder un statut privilégié (50% pour son existence et 50% pour son inexistence), ne s’apparente pas, selon moi, à de la croyance mais à une déduction logique. Selon cette définition, l’athéisme est plus l’absence d’une croyance en particulier (mais pas de toute croyance naturellement) qu’une croyance parmi les autres. Bien sûr, la seule chose que les athées ont en commun, c’est la non-croyance en Dieu et il n’y a pas de communauté, de doctrine, de livre sacré des athées qui permette d’attendre une régularité dans les discours des athées. Certains sont dogmatiques et c’est leur droit. Et ce sont des croyants, à leur façon. D’ailleurs, le terme « athéisme » n’existe qu’en opposition au théisme. Si le théisme n’existait pas, personne n’irait dire que l’athéisme est une croyance. Sinon, l’alicornisme est également une croyance.

    Par ailleurs, merci pour cet article fort intéressant. Je découvre à peine le site et j’ai hâte de voir la suite. Bonne continuation !

    • oui mais ces licornes ont une conscience et sont omnipotent bref vous avait donnez a dieu la forme d une licorne mais on parle de dieu . le hic ici c est que vous pensez dieu comme un personnage ( un peu comme dans la mythologie grec ) hors tout du moins ici dieu est un concept abstrait bref l articule ne parle pas du dieu des chrétiens ni des musulmans ni des juifs ( enfin oui et non ya t il une définition du dieu des chrétien dieu des musulman pour pouvoir en juger ?) mais d une comparaison pour voir qu elle hypothèses entre l hypothèse être conscient et avec l omnipotence ( qu elle que sa soit sa forme licorne magicien spaghetti mechant gentil bref se seront tous dieu ( il ya des chrétiens qui pense dieu méchant non omniscient d ailleurs ) et l hypothèse hasard explique mieux l origine de l univers ? si non pour en revenir a la cause de dieu les axiomes de l univers ont commencez avec l univers dieu etait avant l univers ( quoi que cet notion veux dire ) du coup dieu ne subit pas les axiomes de l univers entre autre la causalité bref dieu na pas de cause donc il est éternel voila

    • Dieu n’a pas de cause, j’ai bien compris ça. Mais si la logique permet que Dieu n’ait pas de cause, pourquoi ne peut-on pas en dire autant de l’univers ?

    • Parce que c’est absurde : tout effet a forcément une cause. L’univers ne peut pas être effet et cause à la fois, il ne peut pas se causer lui-même. Ceci est impossible à prouver empiriquement mais évident par la logique formelle.

    • Abraham, merci pour votre passionnant commentaire. Difficile d’y répondre rapidement. Du point de vue logique, vous avez raison : pourquoi Dieu et pas une licorne rose invisible, puisque aucune des deux hypothèses n’est vérifiable par la méthode scientifique ? Vous adoptez une solution qui consiste à dire que l’hypothèse licorne n’est pas plus sérieuse que l’hypothèse Dieu, et notamment d’un Dieu bon, chrétien, etc., en reléguant chacune dans le domaine de la « croyance ». Ce faisant, vous faites comme si vous n’aviez pas lu mon article, du moins le début où justement je défends l’idée qu’entre la méthode scientifique strico-sensu (empirique, modélisante, expérimentale…) et la superstition, il y a différents degrés de raison, comme il y a différentes façons d’utiliser son cerveau. En clair : la science n’a pas le monopole de la connaissance du réel. Affirmation que je ne peux pas prouver logiquement, puisque cela reviendrait à utiliser une méthode matérialiste pour prouver une affirmation non-matérialiste.

      Par contre, je peux donner de multiples exemples concrets : dans la pratique, une grande partie de ce que nous appelons nos connaissances (vraisemblablement la majorité) n’est pas acquise par expérimentation rationnelle et usage de la méthode hypothético-déductive : elle est acquise par un mélange de raisonnement, d’intuitions, voire par hasard, le tout mâtiné d’imagination, et je ne parle pas de l’inconscient…En d’autres termes, notre assentiment à un grand nombre de vérités sur lesquelles nous fondons notre vie quotidienne est loin de reposer exclusivement sur les mécanismes de la raison scientifique Si on s’en tient à la partie consciente de notre esprit (une toute petite partie de l’activité réelle de notre cerveau), on s’aperçoit que tout le monde vit avec des croyances, tout simplement parce que croyance signifie “confiance” et qu’étant des animaux sociaux (Aristote), nous avons besoin de nous confier les uns dans les autres. Et c’est très vrai pour les scientifiques ! (cf. le « nain sur les épaules d’un géant… »). La raison strictement scientifique a l’intérêt de présenter un haut degré de fiabilité mais son champ d’application pratique est très restreint. Un nombre important de phénomènes pourtant bien réels échappent à sa compréhension, sans même parler de sa compréhension fine et exhaustive : les relations amoureuses ou amicales, les dépressions, les désirs et les passions, pour ne citer que ces exemples faciles. Pis, l’usage de la raison dans certaines circonstances semble plutôt néfaste : si vous faites l’amour à une femme avec en tête le raisonnement logico-scientifique expliquant les mécanismes de l’érection ou du désir, vous n’allez pas arriver à grand-chose… Seule une faible partie de notre réalité concrète est formellement démontrable et établir une certitude prend souvent un temps incompatible avec les contraintes réelles. Va-t-il pleuvoir aujourd’hui ? Dois-je faire confiance à cette personne ? Qu’est ce qui fera plus plaisir à ma femme comme cadeau de Noël ? Dois-je prendre ce nouveau job ou conserver l’ancien ? Augmenter les charges sociales est-il bon pour les pauvres ? Renoncer à faire usage de l’inférence non-formelle est un terrible inhibiteur de l’action. Si on ne fait que des choses dont on est sûr du résultat, on ne fait jamais rien.

      Remarquez que je n’ai pas encore répondu à votre question fondamentale, j’en ai simplement contredit les fondements matérialistes. Car au final, il me semble que votre question est la suivante : qu’est-ce qui distingue religion et superstition ? En logique formelle (le terrain sur lequel vous vous êtes placés), j’aurais tendance à dire : rien, et d’autant moins si vous considérez que la raison scientifique est le seul usage possible de la raison. En pratique, tout. Si vous me permettez, je vous renvoie à un article sur le sujet, que j’ai écrit il y a peu : c’est la partie 3 mais tout l’article pourrait vous intéresser. https://deshautsetdebats.wordpress.com/2016/09/11/science-mythe-et-religion-des-usages-de-la-raison-33/

    • Merci pour votre réponse.

      « L’univers ne peut pas être effet et cause à la fois »

      – Pourquoi ? Et si c’est le cas, pourquoi n’est-ce plus absurde lorsqu’il s’agit de Dieu, et pas de l’univers ?

      « la science n’a pas le monopole de la connaissance du réel. » « dans la pratique, une grande partie de ce que nous appelons nos connaissances (vraisemblablement la majorité) n’est pas acquise par expérimentation  » « La raison strictement scientifique a l’intérêt de présenter un haut degré de fiabilité mais son champ d’application pratique est très restreint. »

      – Je n’ai jamais dit que la science avait le monopole de la connaissance du réel. Le scientisme est tout sauf une position souhaitable. Mais lorsqu’il s’agit de déterminer l’origine de l’univers et de la vie sur terre (ce qui serait plus rationnel que de se demander « est-ce que DIEU existe ? » ce qui reviendrait à privilégier d’avance cette hypothèse), quelle méthode convient le mieux ? L’instinct, l’imagination, l’intuition, le hasard, ou la méthode scientifique ? Ça dépend du résultat que vous voulez obtenir. Si vous voulez un résultat qui vous plaît, qui est cognitivement confortable et qui prétend répondre définitivement à ces questions existentielles, alors l’intuition et l’imagination sont vos meilleurs amis pour mettre sur pieds une nouvelle religion. Si c’est la réalité qu’on cherche, il me semble que c’est la méthode scientifique qu’il faut privilégier, ici. L’instinct, l’intuition, l’imagination… Ça marche bien pour expliquer le monde d’un point de vue pratique. Pour expliquer ce qui nous entoure et qu’on observe (et encore… Pas en profondeur). Pour des questions telles que l’origine de l’univers, je ne vois pas ce que l’imagination ou l’intuition peuvent nous apporter. Des êtres humains ont eu l’intuition que les atomes existaient ? La belle affaire. D’autres ont eu l’intuition que les premiers disaient des conneries. On peut avoir raison pour de mauvaises raisons et tort pour de bonnes raisons. Pour la question de la création de l’univers, et plus précisément celle de l’existence de Dieu, le doute méthodique me semble bien plus rationnel qu’une explication aussi simpliste et monocausale que Dieu, qui ne repose que sur la croyance, l’intuition, l’imagination comme vous dites.

       » si vous faites l’amour à une femme avec en tête le raisonnement logico-scientifique expliquant les mécanismes de l’érection ou du désir, vous n’allez pas arriver à grand-chose… »

      – Mais vous ne faites pas l’amour pour produire de la connaissance.

      « Renoncer à faire usage de l’inférence non-formelle est un terrible inhibiteur de l’action »

      – Je n’y renonce pas. Mais comme vous l’avez dit, il faut trouver le domaine de la science et le domaine des autres méthodes. Or, la question d’existence de l’univers et de la vie fait partie, selon moi, du domaine de la science et c’est la seule méthode qui pourra PEUT ÊTRE nous donner une réponse satisfaisante un jour. La vérité existe forcément. Mais elle est peut être définitivement inaccessible. Ça peut être cognitivement très inconfortable, mais si on se veut rationnel, il faut l’accepter. La réalité se fout totalement des opinions, des envies, de l’imagination n’est-ce pas ?

      « qu’est-ce qui distingue religion et superstition ? »

      – Les religions sont des superstitions (jusqu’à preuve du contraire) mais toutes les superstitions ne sont pas des religions. Ça peut vous sembler terre à terre, mais que dire de plus ?

      Quant à l’article que vous m’avez envoyé. Je vais bien entendu le lire en entier. Je découvre à peine votre blog et vous traitez de beaucoup de sujets qui m’intéressent. Vous allez certainement me relire un de ces 4 😉

  6. 1- DEUX CHOIX

    En ce qui concerne l’origine de l’univers et de la vie, il n’existe que deux choix. Ou, tout a été planifié (ex. lois scientifiques précises, gaz, matière et vie) et conçu par un Créateur intelligent et tout puissant dans un but, ou tous sont venus à l’existence par un moyen indéterminé, sans buts, avec le concours d’un hasard aveugle qu’on appelle la théorie de l’évolution. Dans les deux cas, l’usage de la fois est nécessaire.

    Le néant ne produit rien et ne produit pas de lois. Donc forcément quelque chose a toujours existé. Qu’est-ce qui est plus logique de croire qu’un Dieu éternel, infiniment sage et tout puissant a toujours existé, ou de croire que quelques éléments que ce soit ont toujours existé? Ceux qui croient à la théorie de l’évolution sont tenus d’expliquer l’origine de ces éléments si bien ils ne sont pas plus avancés. Ils doivent aussi fournir des explications, comment le hasard aurait-il pu fabriquer des lois scientifiques aussi précises et harmonieuses ?
    Quand les évolutionnistes athées s’étonnent que malgré leur propagande universellement rependue, des gens croient toujours à l’existence d’un Créateur, ils oublient un simple fait, il est plus logique de croire que l’univers et la vie si complexe soient le fruit d’une création planifiée que d’un hasard. Dans tous autres domaines, quelqu’un qui oserait prétendre qu’une simple niche de chien est apparue tout à coup dans sa cour arrière sera immédiatement qualifié d’irrationnel et du domaine de l’impossible. En effet, nous constatons tous chaque jour autour de nous, du plus simple au plus compliqué tout est planifié, imaginé et construit par une ou des personnes intelligentes. Derrière toutes lois, il y a un but et un législateur. Toute vie provient d’une autre vie et les animaux se reproduisent selon leurs espèces.

    2- QUE CE QUI CACHE DERRIÈRE LA THEORIE DE L’ÉVOLUTION?

    C’est ni plus ni moins le rejet d’un Dieu, surtout d’un Dieu moralisateur. Car pour les gens voulant faire ce qu’il leur plaît, moralisateur c’est considéré péjoratif. Pas pour ceux qui reconnaissent les bienfaits d’une bonne morale pour eux et leurs prochains. Pour d’autres, la théorie de l’évolution c’est se créer l’illusion qu’ils n’auront pas à répondre de leurs actes. Pour ceux-là, le darwinisme sert de religion de remplacement et le matérialisme leur sert de béquille indispensable. Une façon d’étouffer leur conscience. D’autres sont simplement des victimes de désinformations prétendument scientifiques.

    La doctrine darwinienne n’est ni plus ni moins que la vieille croyance en la « génération spontanée » recyclée. En effet, voulant absolument rejeter Dieu, la communauté scientifique d’alors, a défendu avec virulence la croyance sans aucune preuve à l’appui que la vie apparaissait spontanément. Par exemple, des souris apparaissent soudainement dans une pièce d’étoffe. Louis Pasteur avait prouvé scientifiquement qu’une vie provient toujours d’une autre vie. La vie n’arrive pas spontanément ni la matière ne peut la produire. En regardant son histoire, l’attitude de la communauté scientifique évolutionniste est semblable.

    On ne peut pas croire à moitié. Les Écritures parlent d’un Créateur de « toutes choses. » Il ne s’est jamais décrit comme un Créateur à mi-temps qui aurait laissé les choses au hasard. Au contraire, les Écritures le décrivent comme un Dieu d’ordre. Lorsqu’on examine attentivement l’univers dans son plus petit au plus grand, il est étonnamment ordonné. Deux choix c’est tout.

    3- LE DARWINISME EST UNE RELIGION

    Derrière tout ça se cache le fait que l’humain a été conçu pour adorer quelque chose de supérieur à lui. Ce qui explique l’existence de la conscience, des religions, l’existence du darwinisme et même de l’athéisme militantisme. Des gens qui ne croient en rien sont rares. Ceux qui se disent athées mettent tous leurs espoirs à la doctrine de Darwin, c’est leur dieu. D’ailleurs, le mot « matérialisme » souvent utilisé chez eux est défini comme une doctrine. Bref dans les faits, ils ont des comportements semblables à des adeptes d’une religion. Tout comme jadis les catholiques imposaient protégeaient leurs croyances et le pape. Les athées se regroupent, font de la prédication et forment même des églises pour défendre leurs croyances et Darwin leur messie. On endoctrine le darwinisme chez nos jeunes enfants à l’école jusqu’à l’Université.

    Ceux qui ne croient pas au darwinisme sont accusés d’être « anti-scientifiques ». Au temps de l’inquisition, on les qualifiait d’hérétiques. On ne manquait pas l’occasion de les démoniser. La communauté évolutionniste exerce sur la population un endoctrinement massif, submergeant constamment les médias et sites internet, tout en pratiquant la censure. Elle a le monopole sur l’éducation et en même temps elle a le culot d’accuser les croyants de faire du lavage de cerveau! C’est deux poids deux mesures. Les professeurs de science et politiciens n’en font pas, mais pour les croyants oui. Comme jadis l’Église interdisait la possession de la bible en langue commune ainsi que les religions rivales, les évolutionnistes préfèrent garder le peuple dans l’ignorance. Les opposants à l’évolution n’ont pratiquement pas de tribunes pour donner leurs versions. Pratiquement peu de droit de parole. La communauté évolutionniste a peur. Elle a peur que l’on remette en question sa doctrine darwinienne. Encore plus peur que l’existence d’un Créateur soit mit en lumière. Pour éviter tout cela, la théorie de l’évolution doit être imposée et pratiquée en tant que religion unique.

    4- EXPLIQUER L’INEXPLICABLE

    Une grande partie des évolutionnistes rejette l’idée d’un Créateur tout puissant et infiniment sage. À la base même de la théorie de l’évolution vient l’adjectif « aléatoire » (déf.: soumis au hasard dont le résultat est incertain). Ainsi donc, selon cette croyance, la formation de l’univers, de ses lois, des espèces animales sont en constante évolution, toute grâce à l’aide d’un hasard aveugle. En même temps, les évolutionnistes affirment que « le cosmos s’est organisé ». C’est d’une part en entière contradiction avec leur théorie et d’autre part complètement absurde. On utilise ici le mot « organisé ». C’est un terme qui convient à merveille pour décrite les actions d’une personne intelligente. En effet, le mot organisé apporte l’idée de structure, de l’emploi de méthodes et de coordination dans le but précis d’un fonctionnement efficace. La définition du Larousse: Enchaînement ordonné de faits ou de phénomènes, répondant à un certain schéma (dessin) et aboutissant à quelque chose. Ce que l’on observe dans le cosmos c’est l’opposée « d’aléatoire » trouvée au sein de la théorie de l’évolution. Comment expliquer l’existence de lois universelles qui sont à la foi complexe et harmonieuse, et le hasard darwinien? C’est impossible. Mais, c’est très concevable par un législateur infiniment intelligent.

    Quand les évolutionnistes tentent d’expliquer le fonctionnement de l’évolution, ils utilisent souvent les mots processus et mécanisme. Deux autres termes habituellement associés avec l’intelligence et planification. La définition de mécanisme du Larousse: Dispositif constitué par des pièces assemblées ou reliées les unes aux autres et remplissant une fonction déterminée. La théorie de l’évolution est si difficile à expliquer que les adeptes du darwinisme sont forcés de modifier, de manipuler ou de tordre le sens de certains mots pour expliquer l’inexplicable. C’est très difficile d’expliquer quelque chose qui n’a jamais eu lieu.

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