Idioties conspirationnistes

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The trouble with the world is that the stupid are cocksure and the intelligent are full of doubt. Bertrand Russell

Qu’est-ce qu’un complot ?

Par complot on entend habituellement une entente secrète entre plusieurs personnes ou organisations dans le but d’attenter à la vie d’un homme, de renverser un gouvernement en place, ou, plus généralement, de gagner pouvoir et argent. Cette définition reste floue : si on considère que “plusieurs personnes” commence à deux et qu’il suffit d’un mode opératoire criminel pour qu’on puisse parler de complot,  alors toute violence organisée secrètement est un complot, dès lors que deux personnes au moins projettent quelque chose de mauvais à l’encontre de quelqu’un. Ainsi Guizot, définissant le complot dans son Nouveau Dictionnaire universel des synonymes de la langue française,  en 1809, prend-il les exemples suivants  : “Des malfaiteurs font le complot d’assassiner un passant pour le dépouiller ; des délateurs, celui d’accuser un homme de bien, pour obtenir les grâces d’un gouvernement soupçonneux et crédule ; des traitres, celui d’ouvrir les portes de la ville à l’ennemi pour obtenir le prix de la trahison ; des ambitieux, celui de calomnier et décrier un ministre pour lui succéder (…)”.

Sans doute les conspirationnistes n’ont-ils pas une définition si large du complot ; on peut considérer que pour parler de complot, il faut de plus hautes affaires : un grand nombre de personnes concerné (attentats), des conséquences vastes (déclenchement d’une guerre, ruine d’une grande entreprise, renversement d’un gouvernement, vote d’une nouvelle loi…) ou des victimes potentielles de grande importance (chef d’État, d’entreprise, journaliste ayant découvert des vérités dérangeantes, plus généralement personne ayant du pouvoir ou de l’influence),  ou encore des bénéfices potentiels importants (pour les comploteurs) en termes de pouvoir ou de richesse.

Les théories du complot en quatre erreurs

1. Voir des complots partout

Il n’y a aucun doute que les complots existent. Trahisons, mensonges, coup d’État, violences, manigances, perfidies : l’Histoire est jonchée de complots variés et avérés, depuis l’assassinat réussi de Jules César jusqu’à l’assassinat manqué du pape Jean-Paul II en 1983 en passant par le complot de juillet 1944 visant à renverser Hitler.

Pour autant, est-il raisonnable d’en voir partout ? Les complots existent, comme les matchs truqués. Sous prétexte qu’il y en eut et qu’il y en aura encore, doit-on considérer tout match extraordinaire (par exemple, le Brésil-Allemagne de 2014) comme un match truqué ? L’imagination humaine étant sans limites, si on commence à considérer la possibilité d’un complot secrètement ourdi à chaque évènement un peu important, il est permis d’imaginer les choses les plus farfelues. Il existe des théories du complot pour à peu près tous les grands évènements de ces cinquante dernières années : de la mort de JKF à celle de Ben Laden en passant par les attentats de Charlie Hebdo, le complot des chemtrails (celui-là est particulièrement cocasse), et évidemment le Complot des complots (ou Complot en chef) sur les attentats du 11/09/01….jusqu’aux complots à propos du naufrage du Titanic (si). Il y a un véritable marché du complot, dans lequel chaque individu cherchant une théorie alternative à ce qu’on appelle la « version officielle des évènements » peut trouver ce qui lui convient, et confirme ses préjugés. Saviez-vous qu’au XIVème siècle, il y avait en France médiévale des rumeurs à propos d’un complot des lépreux (lien), selon lequel les lépreux (aidés, comme il se doit, des Juifs perfides) comploteraient pour empoisonner les puits et les fontaines, avec l’objectif final de s’emparer du pouvoir ? 160 Juifs et lépreux seront brûlés à Chinon sur la base de ces rumeurs. Si, si.

2. Minimiser le rôle du hasard

Le hasard fait peur et n’est pas rassurant. L’idée que nous venons du hasard de l’évolution nous fait perdre un peu de notre superbe et de nos certitudes. Nous avons donc tendance à minimiser le rôle du hasard, c’est-à-dire percevoir à tort des liens causaux dans des séries données au hasard ou dans des évènements dans lesquels le hasard joue un rôle. Si cette illusion est fréquente, c’est une spécialité des complotistes qui minimisent voire annulent le rôle du hasard en établissant des liens exotiques entre les chiffres, les dates, les noms, les symboles, liens qui sont au pire fictifs, au mieux de pures coïncidences.

Rappelons donc que le hasard existe, et n’est pas si rare. Par exemple, si on demande à des individus de jouer une série de 4 chiffres compris entre 0 et 50 (si les 4 chiffres sortent, vous gagnez), et qu’on laisse le choix entre jouer 1-2-3-4 ou 25-19-3-67, la plupart des individus choisira de jouer 25, 19, 3, 67 car ces chiffres semblent plus aléatoires que 1, 2, 3 et 4. Pourtant, les deux séries ont exactement la même probabilité de sortir ! Ou encore, si l’on demande à quelqu’un quelle est d’après lui la probabilité que dans une pièce de 23 personnes, deux personnes aient la même date d’anniversaire, il va probablement répondre un chiffre faible, du type 5%, en estimant que le hasard ne peut pas avoir un si grand rôle. Or la probabilité réelle est de 50%…

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3. Mépriser le principe du rasoir d’Ockham

Ce principe philosophique, dans sa formulation moderne, dit à peu près ceci : les hypothèse suffisantes les plus simples sont les plus vraisemblables. Lorsque, donc, se produit un évènement important (déclenchement d’une guerre, mort d’un homme d’État, révolution, attentat), l’explication la plus simple est la meilleure, tant qu’elle explique suffisamment les données en présence : la guerre a été déclenchée pour des motifs territoriaux, économiques ou religieux, l’homme d’État est mort de mort naturelle, la révolution vient d’un peuple mécontent, l’attentat est causé par un groupe terroriste.

Cela ne veut pas dire que, dans certains cas, des explications moins conventionnelles ne sont pas meilleures : la guerre a été entretenue, préparée et déclenchée par un groupe multinational à des fins économiques ; l’homme d’État a été assassiné ; la révolution est contrôlée depuis l’étranger ; l’attentat est commandité par le gouvernement. Cependant, il faut dans ce cas retenir cette maxime de l’astronome Carl Sagan : une explication extraordinaire nécessite des preuves extraordinaires. En clair, si vous pensez que les attentats de Charlie Hebdo (au hasard) ne sont pas le fruit de deux islamistes légèrement préparés par Daesh mais ont été commandités par le gouvernement français dans le but (par exemple) d’opprimer la population musulmane de France, alors il faut à l’appui de cette hypothèse extraordinaire des preuves extraordinaires, qui pourraient convaincre.

En l’absence de preuve extraordinaire, ce sont les meilleurs explications dont on dispose qui expliquent, jusqu’à preuve du contraire, l’évènement en question. Les frères  Kouachi ont donc oublié dans la précipitation de la fuite et l’accident de la route qui l’a suivi un sac qui contenait une carte d’identité, ce qui n’a rien d’extraordinaire. Vous avez des doutes ? En l’absence d’argument solide, ces doutes ne valent rien. N’importe qui peut avoir des doutes à n’importe quel sujet : les créationnistes ont des doutes sur la théorie de l’évolution, les climato-sceptiques ont des doutes sur le réchauffement climatique, et les pochtrons ont des doutes sur l’effet de l’alcool au volant. Qu’avancent-ils pour étayer leurs doutes, qui soit plus solide que ce que les scientifiques affirment à ces sujets ? Rien. Ce qui est affirmé sans preuves peut être rejeté sans preuves, dit justement l’adage.

A ce stade, il faut évoquer la question cruciale de la charge de la preuve. Elle revient au complotiste : ce n’est pas à celui qui adhère à une explication simple, logique et “officielle” des évènements de démontrer que son explication est la bonne, puisqu’elle est déjà largement étayée par des preuves ; c’est à celui qui préfère une explication originale, mettant par exemple en scène un complot ourdi depuis les profondeurs de la malignité juive/gouvernementale/musulmane/catholique/maçonnique/bilderbergienne/américaine (rayer la mention inutile) de démontrer que son explication est meilleure. Le renversement de la charge de la preuve est un sophisme très courant : prouve moi que les licornes roses à deux têtes n’existent pas. Tu ne peux pas ? Donc elles existent. Mais les philosophes savent bien qu’apporter une preuve négative de quelque chose est très difficile et même impossible dans la plupart des cas. Ne pas pouvoir apporter une preuve négative n’est donc jamais un argument suffisant. Ainsi, un complotiste qui veut convaincre ne doit pas se contenter de dénoncer les (éventuelles) limites de la version officielle, mais donner des arguments positifs en faveur de sa théorie. Une théorie digne de ce nom doit non seulement s’opposer à une théorie adverse en en montrant les limites, mais surtout montrer qu’elle explique mieux les données en présence par des arguments positifs, indépendamment des arguments adverses.

Il est temps de citer une citation récemment inscrite au fronton de ce blog :

Ce que vous ne pouvez pas démontrer, vous ne le savez pas. Jacob Neusner

Puisqu’on parle de démonstration et de preuves, terminons en mentionnant que l’argument complotiste “à qui profite le crime ?” n’a aucun intérêt. Il est rhétoriquement illogique, puisqu’il parle de l’aval vers l’amont, au contraire de la logique philosophique élémentaire. Lorsqu’on cherche à expliquer un évènement, on s’attache à en déterminer les causes, on ne part pas des conséquences en disant : l’évènement X profite à Y donc Y est la cause de X. Il se trouve que tout évènement, à fortiori d’ampleur, profite à certaines personnes, certains groupes. Par exemple, la plupart des gouvernements profitent des attentats pour renforcer la sécurité sur leur territoire,  y compris au détriment de certaines libertés, et souvent  avec l’assentiment d’une grande partie de la population. Au passage, on ne peut pas dire que les gouvernements y gagnent quoi que ce soit (parfois, quelques points dans les sondages, vite perdus en cas d’erreurs des services de sécurité), c’est plutôt la population qui gagne en sécurité, mais perd en liberté. Ou encore, les vendeurs d’armes sont la plupart du temps économiquement gagnants du déclenchement d’une guerre. De quoi donc est-ce donc la preuve ? Affirmer que le 11 septembre est le fruit direct du gouvernement Bush en raison du Patriot Act est aussi stupide que de conclure ipso facto que Mme Michu est responsable de la mort de Médor, le chien de la voisine, parce qu’elle profite de la fin de ses aboiements, qui la dérangeaient.

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4. Se soustraire à la réfutation

C’est l’erreur la plus grave. Comme le dit justement le sociologue Pierre-André Taguieff dans ses analyses sur les théories du complot, celles-ci singent la pensée méthodique dans le recensement des (pseudo) incohérences de la version officielle mais sont imperméables à la moindre contradiction, un signe caractéristique de l’absence d’esprit scientifique. La force d’un argument scientifique repose sur sa capacité à s’exposer à la critique, à être réfutable. Ainsi, dans le cas du Master Complot du 11/09, les ingénieurs des structures et les spécialistes des explosifs ont déjà, à de multiples reprises, démonté point par point les affirmations des complotistes (pour ceux qui ont du temps à perdre, voir ici ou plus en détail, ), mais cela ne désarme pas ces derniers : bien au contraire, plus les arguments abondent pour soutenir une explication non-complotiste des évènements, plus les complotistes trouvent ça louche. C’est pour cela que les complotistes sont la plupart du temps dénigrés des médias et raillés dans l’espace public (voir par exemple le cas de Marion Cotillard, qui traîne toujours le boulet de ses déclarations sur le 11 septembre, plusieurs années après) : les théories du complot ne peuvent pas être prises au sérieux parce qu’elles refusent tout débat contradictoire basé sur des preuves scientifiques admises avec des méthodes scientifiques admises, comme le ferait tout esprit raisonnable. Admise signifiant : qui satisfait aux critères de scientificité dans une science donnée, par exemple logique de l’énoncé, rigueur de l’énoncé, expérimentation dans des conditions contrôlées et réalistes, collecte et vérification de la fiabilité des données, démonstration des causalités lorsqu’il y a corrélation statistique, contextualisation des évènements, réplication des résultats, etc.

Au contraire, les théoriciens du complot préfèrent s’appuyer, en vrac, sur des vidéos youtube réalisées par des amateurs prétendant mieux savoir qu’un ingénieur comment une tour de métal est censée s’effondrer, sur des “images qui parlent d’elles-mêmes” (sic), sur des citations, sur des interprétations symboliques voire ésotériques de chiffres ou de symboles soigneusement sélectionnés… ou plus simplement sur des préjugés. L’association américaine AE911 (Architects & Engineers for 9/11 Truth), qui prétend s’appuyer sur des conclusion d’experts pour soutenir la thèse de la démolition contrôlée des tours du WTC, est présidée par quelqu’un d’aussi crédible que Richard Gage, un architecte (d’intérieur ?) qui modélise la démolition contrôlée du WTC…à l’aide de tours en carton. Quand on compare la faiblesse des arguments complotistes avec la montagne de conneries qu’il faut avaler quand on adhère à leurs hypothèses, on se dit qu’ils devraient méditer la sentence de Carl Sagan. Par exemple pour le 11 septembre : faux terroristes, excellents acteurs avec un passé fictif acceptant de mourir, complicités bureaucratiques un peu partout pour l’installation des explosifs, faux Ben Laden contrôlé par la CIA revendiquant les attentats, nombreux acteurs impliqués et aucune fuite, etc. On attends toujours les preuves de chacun de ces faits. De façon presque amusante, Al Qaïda, par la voix de son chef Ayman al-Zawahiri, a critiqué en 2008 le Hezbollah en lui reprochant de discréditer l’organisation : le Hezbollah avait prétendu qu’Israël était impliqué dans les attentats du 11 septembre…

On remarquera que pour cette raison, beaucoup de scientifiques refusent dorénavant de débattre avec les complotistes. Prenons l’exemple du négationnisme au sujet de la Shoah. Les historiens universitaires, c’est-à-dire ceux qui utilisent des méthodes reconnues par la communauté scientifique des historiens, refusent depuis la fin des années 1980-90 de débattre avec les révisionnistes et les négationnistes, en remarquant à raison :

  • Qu’il est impossible de débattre rigoureusement avec les négationnistes puisqu’ils refusent d’utiliser les méthodes scientifiques d’analyse des sources historiques, et ont leurs propres méthodes (cas typique de Faurisson, qui n’a d’ailleurs aucun diplôme en histoire), rejetées par tous les autres historiens parce que non valides scientifiquement ;
  • Que, de façon générale, ils sont imperméables à la critique, un signe caractéristique d’absence d’esprit scientifique. Les preuves et les arguments crédibles, les complotistes ne les ont généralement pas, s’abritant en dernier recours derrière l’idée du secret : puisque le complot est secret, les preuves qui pourraient mettre leur thèse en lumière sont évidemment inaccessibles, cachées, détruites ;
  • Que, lorsque des débats ont eu lieu, ils n’ont mené à rien du point de vue intellectuel : plus les négationnistes sont réfutés, plus ils peuvent crier au complot et plus ils obtiennent la médiatisation qu’ils recherchent. Les remises en question sont rarissimes (cas presque unique de Jean-Paul Pressac, négationniste proche de Faurisson qui finit, après de nombreuses visites à Auschwitz, par rompre avec lui et devenir son principal opposant) ;
  • Que les complotistes ont dès le départ des préjugés négatifs très forts à l’égard de tout ce qui paraît « trop simple pour être vrai » , « trop facilement convaincant » voire « trop cohérent », surtout quand cela vient d’une institution officielle, d’une communauté scientifique reconnue, etc. Certaines institutions sont rejetés d’emblée si elles sont jugées trop « juives », trop « gouvernementales », trop « américaines », etc. Autrement dit, les complotistes sont bardés de préjugés anti-système et anti-rasoir d’Ockham : ils sont sont hypercritiques avec les preuves abondantes fournies par les communautés officielles mais perdent tout sens critique en présence d’explications originales ou alambiquées en particulier si elles viennent de groupuscules marginaux dont ils partagent par ailleurs la vision politique ;
  • Que, très souvent, les complotistes ont déjà la conclusion en tête avant d’écrire le premier mot, et ne cherchent qu’à la couvrir d’un vernis de science. Il n’y a pas de recherche réelle de vérité, il y a peu de bonne foi ou d’honnêteté intellectuelle, vertus scientifiques essentielles. L’histoire des sciences montre que la communauté scientifique est parfois conservatrice, réfractaire aux idées nouvelles, et peut s’accrocher de façon idéologique à des modèles dépassés mais encore largement admis. L’émergence de quelques chercheurs jeunes et audacieux peut alors provoquer de véritables bouleversements scientifiques. Cela peut prendre du temps, mais si les idées nouvelles sont supérieures aux anciennes, elles finissent toujours par triompher. La médecine occidentale, par exemple, est bien plus ouverte aujourd’hui qu’hier aux thérapies alternatives (notamment l’hypnose), à la médecine orientale, etc. Les complotistes pourraient s’inscrire dans cette démarche en remettant cause certaines idées admises, à condition de se soumettre à la critique, d’utiliser les méthodes admises par les historiens, de mener leurs recherches avec honnêteté, bref, de s’inscrire dans une démarche authentiquement scientifique. Dans la quasi-totalité des cas, on a rien de tel.

Les scientifiques, même les mieux intentionnés, n’ont pas que ça à faire. Pour toutes les raisons énoncées, ils finissent par se lasser et ne plus prendre les complotistes au sérieux, traitant alors la question complotiste sous un autre angle, celui de l’approche psychologique et sociologique :  pourquoi et comment ces théories émergent-elles ? Que nous disent-elles de nos sociétés ? comment expliquer leur succès ? etc.

Conclusion : à qui profitent les théories du complot ?

On pourrait retourner le compliment aux complotistes : à qui profitent les théories du complot ? Certaines explications sociologiques sont bien connues :  peur d’un gouvernement totalitaire (peur typiquement américaine), discrédit des gouvernements et des institutions officielles, égocentrisme des réseaux sociaux qui fait croire à chacun qu’il peut s’improviser expert en géopolitique, en armement ou en histoire, etc.

Au-delà de ces explications sociologiques et psychologiques, j’aime à voir dans les théories du complot une cause plus morale : elles représentent un bénéfice utile pour ceux qui veulent éluder leur propre responsabilité individuelle. Ainsi, un gouvernement en échec économique ou politique peut s’en exonérer en invoquant la main de l’étranger (qui a dit Grand Satan américain ?) ; un parti politique ayant des idées extrêmes et incapable de convaincre ses concitoyens dans les urnes évite la remise en question par l’argument complotiste de “l’idéologie dominante des médias qui manipulent le peuple” ; un catholique intégriste trouvant fort peu d’individus partageant sa vision du monde l’expliquera par un complot maçonnique à l’échelle du pays, etc.

Au final, les théories du complot ont pour effet principal de conforter les individus dans leurs préjugés. Ce n’est évidemment pas un hasard si les complots Juifs sont répandus chez les antisémites (anciennement catholiques, aujourd’hui largement musulmans) ; si les complots gouvernementaux sont répandus chez les libéraux ; les complots franc-maçons chez les religieux ; les complots du gouvernement américain (11 septembre, mission Apollo, conception intentionnelle du sida, …) chez les anti-américains, les complots capitalistes chez les gens d’extrême-gauche, etc. En cela, les théories du complot nous en apprennent bien plus sur l’idéologie de leurs adeptes que sur les faits qu’ils prétendent expliquer.

BONUS : le Titanic, un complot ? La preuve en 2 min :

3 réflexions sur “Idioties conspirationnistes

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