Une histoire des idées​ : les Modernes (3/4)

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Luc Ferry donne quatre auteurs et quatre dates qui illustrent le changement radical qui se fait jour en Europe à partir du XVIème siècle :

  • En 1543, Copernic publie La révolution des orbites célestes ;

  • En 1632, Galilée publie Les rapports de la Terre et du soleil ;

  • En 1687, Newton publie Les principes mathématiques.

Il y ajoute Descartes, qui publie Les principes de la philosophie en 1644, et dont on va parler dans un instant. Ces auteurs donnent le ton de ce qui engendrera, quelques décennies plus tard, le Siècle des Lumières en France, en Écosse, en Allemagne, avec Voltaire, Montesquieu, Rousseau, Kant, Hume pour la philosophie, Smith pour l’économie, Volta, Lavoisier, Lamarck pour les sciences. Cette révolution intellectuelle aboutira en une double révolution politique, d’abord américaine, puis française, à l’aube du XIXème siècle. Pourquoi ces trois auteurs ? Pourquoi trois scientifiques ? Parce qu’à eux trois, ils fondent rien de moins qu’une nouvelle theoria surpassant celle des Grecs, une nouvelle cosmologie, bref, une nouvelle description du monde. Lire la suite

Une histoire des idées​ : les Chrétiens (2/4)

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Pourquoi évoquer une religion dans un ouvrage de philosophie ? Luc Ferry s’en justifie sur plusieurs pages, en considérant (à juste titre) que le christianisme n’est pas une philosophie, et même (c’est plus discutable) qu’il est fondamentalement antiphilosophique. Cependant, lui aussi apporte des réponses à la question qui anime tout philosophe, celle de l’échappement à l’angoisse de la mort. De plus, le christianisme a animé la vie intellectuelle de tout l’Occident pendant quinze siècles au moins, jusqu’à éclipser  largement la philosophie grecque, et l’ignorer en passant sans transition des Grecs à Descartes c’est faire preuve d’une grande ignorance historique. On va le voir, les idées issues du christianisme ont eu une influence considérable qui perdure encore aujourd’hui, au même titre que la philosophie grecque ; ne serait-ce parce qu’il y a plus d’un milliard de chrétiens…

Nous suivons le plan de Ferry : d’abord décrire la théorie, c’est-à-dire la façon dont le système analysé aborde la réalité. Cela correspond aux branches de la philosophie que sont l’ontologie (qu’est-ce que la réalité ? quel est le contenu de la réalité ?) et l’épistémologie (comment pouvons nous connaître la réalité ?). Ensuite décrire l’éthique, c’est-à-dire l’ensemble de ce qui a trait aux jugements de valeur. Enfin exposer les finalités, c’est-à-dire le type de salut proposé par le système en question.

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Une histoire des idées : les Grecs (1/4)

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Les idées des économistes et des philosophes politiques, qu’elles soient vraies ou fausses, sont plus puissantes que ce qu’on croit souvent. En effet le monde est presque entièrement gouverné par elles. Les hommes pratiques, qui croient qu’ils sont eux-mêmes libres de toute influence intellectuelle, sont généralement les esclaves de quelques économistes défunts. John Maynard Keynes, 1936

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L’art des limites (1/3)

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Il faudra mourir, que je lui dis encore, plus copieusement qu’un chien et on mettra mille minutes à crever et chaque minute sera neuve quand même et bordée d’assez d’angoisse pour vous faire oublier mille fois tout ce qu’on aurait pu avoir de plaisir à faire l’amour pendant mille ans auparavant… Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit

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Science, mythe et religion : des usages de la Raison (3/3)

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En mettant en évidence les limites intrinsèque de la science et en montrant l’impossibilité pour le matérialisme d’expliquer le fonctionnement concret de l’être humain, ne risquons-nous pas, à défaut de retomber dans le relativisme épistémique déjà réfuté, de favoriser la superstition ? En particulier, qu’est-ce qui permet de dire que certaines croyances –invérifiables– sont farfelues et stupides (par exemple, croire aux licornes roses invisibles), tandis que d’autres, tout aussi invérifiables, seraient intéressantes voire rationnelles (par exemple, croire en Dieu) ? C’est toute la question de la différence entre religion et superstition. Lire la suite